19/06/2008

La bêtise sportive

A côté de l’idéal sportif se voulant école de l’effort, de la disciple, de la solidarité, nous voyons fleurir le n’importe quoi dans le « MENS SANA IN CORPORE SANO ».

Evidemment, il faudrait déjà réfléchir sur ce que signifie esprit sain. Ne pas confondre avec Esprit saint, vieille colombe d’église qui a perdu pas mal de plumes au cours des siècles !Fou ce que nous pouvons manier des mots sans même bien les comprendre…Si le corps est bien connu, enfin moins sans doute aussi que ce que nous croyons, que dire de l’esprit !Comme beaucoup de mots qui semblent concrets mais sont terriblement abstraits, ce terme esprit a bien des connotations métaphysiques.Plus compréhensibles sans doute sont tous ces termes si nous les associons à des personnes.

 

A vous donc de choisir vos sportifs préférés.A vous d’analyser, avec bien entendu les informations dont vous disposez, si vos « idoles » sont pourvues de cet esprit sain dans un corps qui semble l’être. A vérifier encore.Personnellement, j’avoue être frappé par le discours vide de la plupart des sportifs interviewés.Avouons qu’il est parfois difficile de détecter leur pensée. Vrai qu’entre pensée, esprit et connaissance, il existe aussi pas mal d’ambiguïté.Pas simple de se lancer dans le jugement de la santé mentale de nos champions.

Mais après tout, est-ce important de le savoir.La fougue collective, voire l’hystérie, qui s’empare des supporters montre combien la méconnaissance de ce qui fait un esprit aussi bien qu’un corps sains est futile.Notre quotidien a besoin d’imbécillités, de bêtises, bien plus je crois que de longs discours rationnels ou même de simple réflexion.Se passionner pour onze mecs courrant après un ballon, pour deux joueurs ou joueuses se renvoyant la balle au dessus d’un filet, pour un troupeau de maillots faisant du vélo une espèce de formule un, ou de pilotes grignotant quelques secondes à d’autres en atteignant des vitesses hors du commun, ou que sais-je encore, voilà qui occupe sainement ou non notre temps autant d’ailleurs que notre esprit (entendons notre pensée, ou simplement l’occupation de notre cerveau).Je n’en veux pour preuve que des supporters du genre Vicomte Davignon  (vrai VIP) qui a le privilège de manger des frites sur les gradins. Voilà pourtant bien un homme intelligent et qui n’a pas besoin de ce genre de pub populaire que d’autres cherchent en se faisant remarquer parmi le brave peuple !

Que dire alors des sportifs de divan, comme moi, qui regardent pas mal de manifestations sportives ? Non, je ne rêve pas d’un corps athlétique, comme d’autres ont le bonheur de faire et encore moins de piloter des bolides !Que dire des cris, clameurs d’une foule en délire chantant : «  ON est champion » ?La bêtise sportive, comme d’autres, trouve certainement explication sociologique, psychologique et autre. Aurions donc besoin de vivre des succès par procuration ?Après tout qu’importe, elle est certainement très utile à ses adeptes et plus encore à ses organisateurs.

C’est que le spectacle rapporte, même si il coûte, car il ne suffit plus d’avoir le corps sain et d’être capable de belles performances, faut encore bien se vendre et mondialiser ses talents.Notre monde a besoin de modèles, de sujets d’identifications. Les dieux du stade, comme d’autres sont devenus la référence de ceux qui cherchent encore et toujours le rêve ou se projettent dans celui qu’ils ont perdu.

 

La bêtise est bien un facteur d’équilibre auquel il ne faut sans doute jamais renoncer. J’y crois, même si elle me fait sourire. Il n’est sans doute point possible de vivre sans elle, qu’elle soit sportive ou pas.

 

Mik.