15/01/2009

La bêtise des princes.

Il suffit de regarder « Place royale » sur RTL ou encore « Ca, c’est du belge » à la RTBF, pour se rendre compte de la bêtise que représente la dite générosité des princes.

Amusant de voir, surtout les reines et princesses se consacrer à des « œuvres charitables.

Est-il bien charitable de quitter son château ou sa vaste demeure pour manifester un intérêt tout particulier aux moins bien nantis ?

Je ne doute pas de la bonne, mais ridicule, bonne conscience des privilégiés de société pour venir en aide aux moins chanceux de l’existence, mais quel égoïsme !

Sous le motif de secourir, ne voyons-nous tout le bénéfice qu’ils en retirent ?  Bénéfice psychologique, politique ne sont évidemment absents de la présence occasionnelle des « grands » chez les « petits ». Tous ces actes ne sont-ils pas tout simplement des actes pour maintenir une belle popularité ?

Les motifs réels, en général, qui conduisent celles et ceux à nourrir ceux qui ont faim, vêtir ceux qui ont froid, consoler ceux qui sont malades ou souffrent n’ont rien à voir avec la charité ou un quelconque geste d’amour vrai.

Ces personnes, princes ou non, politiciens, artistes ou non, retirent un bénéfice bien plus large que ce qu’ils offrent.

Des opérations comme les restos du cœur ou télévie ne sont évidemment pas bêtes. Elles pallient au manque d’une solidarité étatique et font du bien à ceux qui sont dans le besoin et la souffrance. Mais delà à porter admiration à tous ceux qui en retirent un bénéfice, il y a une marche que je ne franchirais pas.

Vouloir aider relève bien souvent plus de l’ambition, de la soif de reconnaissance que d’un véritable amour.

Ne nous disons pas trop vite différents des princes dans nos bonnes actions. Ne répondons pas trop vite en disant que chez nous elles sont à coup sûr désintéressées.

Combien de fois n’entendons-nous pas dire que la personne qui a été aidée est ingrate ? Si nous nous sentons blessés par ce genre de situation d’ingratitude, n’est-ce pas que nous en attendions quelque chose ?

La vraie charité est souvent celle qui se cache, comme d’ailleurs la vraie pauvreté et les vraies souffrances.

L’étalement public, la médiatisation des beaux gestes ne relayent en rien le véritable cœur.

29/07/2008

La bêtise monarchique (2)

Que le peuple est versatile ! En regardant ce soir l’anniversaire des 15 ans de la mort du roi Baudouin, je me disais que la bêtise résidait sans doute à ce que l’émotion d’union d’un moment autour de son chef, pouvait empêcher des sentiments séparatistes.

Nous connaissons la suite…

Ainsi, la personnalisation d’un pouvoir, quel qu’il soit, ne dure jamais longtemps.

Loin de partager les opinions de ce roi défunt, je lui reconnais certainement un souci sincère et véritable d’être au service de son pays.

Le roi est mort, vive le roi ! Ainsi en va-t-il de l’importance des institutions bien plus que celle des personnes.

Et nos institutions, si moins fragiles que les personnes, n’en demeurent, heureusement, pas figées et éternelles.

La bêtise serait de croire, je pense, une fois de plus à la solidité d’une opinion publique qui se laisse trop envahir par de l’émotionnel qui ne dure jamais très longtemps.

La nation tout comme la démocratie ne sont que des concepts encrés dans notre imaginaire.

Cent fois, il est utile d’analyser ce qu’elles couvrent. Mille fois, il faut vérifier si nos systèmes politiques répondent bien à la volonté d’un intérêt général qui ne peut demander trop de sacrifices, de souffrances à l’intérêt particulier.

Le patriotisme ne peut se raisonner et se justifier qu’en cas où des principes de libertés fondamentales sont bafouées par un attaquant qui voudrait imposer un régime de terreur, de racisme et d’intolérance. Le nazisme ou tout intégrisme mérite d’être combattu.

Si la liberté est aussi un concept vague, notre simple bon sens repère vite la privation de liberté d’expression, de mouvement, de pensée et de censure.

Lors de la prestation du roi actuel, le pas gentil et un peu con député flamand Van Rossem qui, mal à propos, a osé s’écrier «  vive la république» n’a pas eu le sort du malheureux  antifasciste  Julien Lahaut, lors de la prestation de Baudouin Ier. Les temps ont heureusement changé.

En revoyant les nombreux anonymes venus rendre hommage au roi, je me disais que la bêtise est probablement la recherche du père que bien souvent nous transposons au chef !

Le pouvoir royal prolonge en quelque sorte l’infantilisation des citoyens.
L’institution d’un pouvoir non élu ne peut se justifier démocratiquement.

Quelle bêtise, selon moi toujours, non seulement de s’émouvoir des paillettes et paroles creuses qui sous une apparence et fallacieuse neutralité véhiculent des idéaux  et valeurs archaïques, mais plus grave encore nous feraient croire que sans père de la nation, nous ne serions plus rien !

N’est-il pas temps en ce siècle de ne plus soutenir de trône inamovible ? Et si nous y tenons encore par symbole d’unité, au moins enlever par exemple la prérogative importante de nommer les ministres, à l’instar des unités fédérées ?

Bêtise de voir encore notre premier minsitre esquiver ses responsabilités en allant pleurer et remettre sa démission au roi ! Et oui, l’institution monarchique infantilise aussi nos hommes et femmes politiques. Un peu facile de se réfugier pour eux dans cette institution et de jouer alors l’hypocrisie de se dire second couteau ! L’exigence démocratique veut la responsabilisation des actes politiques.

 

26/06/2008

La bêtise monarchique

Le Roi, la loi la liberté !! Mais qu’est-ce qui fait encore que notre siècle gobe toujours  les bienfaits d’un système monarchique ? Faut dire que le président français a bien souvent la tentation royale aussi ! Peut-être serait-ce cette croyance en l’utilité de symboliser, ou pire de faire reposer, dans la personne du roi ou du prince l’unité et l’indestructibilité de la nation ?

La démocratie nationale  par la voix du sang et non des urnes, que c’est curieux !

Bêtise de plus d’adhérer à une notion d’unité revisitant la nation comme un tout en ignorant la pluralité des personnes.

Où voyons-nous donc encore cette unité d’ailleurs, sinon derrière un match de foot (et encore) ou dans l’espèce de vantardise qui fait de notre bière ou de notre chocolat le meilleur du monde !! En cela, Leterme n’avait pas tort de le déclarer brutalement.

Nous faut-il un roi comme repère d’une identité citoyenne spécifique ? Sommes-nous si peu adultes pour avoir encore besoin d’une forme d’assujettissement à une autorité de ce type ?

Rigolo mais bien triste encore, il y a quelques jours de voir le prince Albert de Monaco reçu dans ma ville par un bourgmestre socialiste en plus ! De qui se fout-on ? Le brigand du Rocher, paradis fiscal, a droit sous les clameurs de quelques naïfs en quête de contes de fée à une médaille !! Socialos et aristos, même combat !

Je ne reconnais comme intelligent que de nous mettre derrière les bannières qui revendiquent des droits nouveaux pour un mieux vivre commun. Voilà qui est bien contraire aux bannières à blasons.

Fou aussi ce déferlement de drapeaux nationaux pour la victoire d’un match de foot gagné. Quoique, tout compte fait, vaut mieux cette guerre du ballon rond qu’une autre.

Le peuple soi-disant uni, n’est qu’un fantasme de plus. Il n’est jamais UN.

Nos problèmes communautaires n’en sont qu’un réel reflet. Et ce n’est pas mieux chez nos voisins. De Gaule trouvait impossible de diriger un pays où il existait, disait-il, trente deux sortes de fromages.

Mais voilà, nous avons une fâcheuse tendance à vouloir ce que nous ne pouvons déjà réaliser en nous, dans notre couple ou autour de nous : cette fameuse unité.

Plus dangereux encore qu’en apparence, le système monarchique qui exalterait notre sentiment national, risquerait aussi de favoriser la lutte contre les parasites, dont je fais partie.

La pensée unitaire est proche de la pensée unique. Le corps social devrait alors se débarrasser des étrangers, des homosexuels, et pour suivre de tous ceux qui sont subversifs.

« Le Roi, la loi, la liberté » est sans doute plus proche que nous ne pensons du «  Aux armes, les citoyens ». Vouloir ne pas accepter la diversité et vouloir créer une unité citoyenne ne peut être qu’une source de guerres et d’exclusion.

Et puis, n’oublions pas qu’un président, genre Sarko, est aussi, hélas, monarque. Celui-là a même réussi à mettre son dauphin, toujours étudiant, à la tête de son ancien fief !! C’est aussi bien que Charles Michel, fils du Louis, à la tête de Wavre et du ministère de la coopération…

Je crains d’ailleurs que la famille royale ne tombe aussi, sous la fausse apparence de la popularité, dans le «  people » que la bêtise adore.

Le morcellement de mon pays n’est qu’un reflet réaliste des diversités du corps social avec ses égoïsmes, son histoire, sa culture. Son roi ne pourra changer en rien cette réalité.

A bien y réfléchir, les conflits communautaires sont moins cons que nous pensons. Ils mettent en transparence la nécessité de reconnaître les différences. L’Etat n’est pas différent de nous. Il peine autant pour trouver le compromis du vivre ensemble que déjà à deux nous éprouvons.

Il n’y a aucune solution pour protéger une unité factice et certainement pas celle de croire au système monarchique. La pyramide social avec au sommet le Roi, pas pour moi !

Il n’y aura que le débat et le compromis ou alors simplement le divorce.

La connerie relève toujours d’une idéologie. La bêtise est toujours liée à ne pas vouloir affronter le réel. Et le réel n’est jamais objectif. Il est le résultat d’un accord trouvé entre des individualités.

La chimère monarchique ne vaut pas mieux que toutes celles qui nous font courir après un idéal rose bonbon et où nous confondons sentiments et sentimentalisme.