26/10/2008

La bêtise du romantisme.

Je ne veux évidemment pas parler du mouvement littéraire avec les grands, tels que: Victor Hugo, Gauthier ou encore De Vigny ou Lamartine, mais bien des personnes qui ont une conception de vie, une manière d’exister en s’affranchissant de l’étroite réalité et du bon sens commun pour ne laisser se développer que sentiments et sensations.

Avoir un côté romantique est charmant, utile, bienfaisant, agréable, mais de là à en faire une obsession, il a de la nuance.

La vie ne se construit pas comme un roman…

Chercher l’infini, l’enthousiasme à tout prix, l’amour miraculeux, la fantaisie encore et toujours n’est pas un moyen pour entrer, selon moi, dans le monde merveilleux de l’humain. C’est au contraire se tracer la route de la dépression, de l’insatisfaction. Prendre le chemin journalier dans la direction du sentiment, de l’idéal, de l’imagination et du rêve, c’est courir droit le mur.

Chacun a droit et fait bien de marcher quelques pas sur le rythme de la fantaisie, du sentiment, mais la sèche compréhension de la réalité viendra toujours tendre son piège et fera chuter celui qui ne peut faire que ces pas là. Avoir du dom Quichotte en soi est indispensable, mais n’être que chevaleresque ne fait jamais atteindre l’inaccessible étoile !

J’ai, sans être le seul, souvent remarqué que la personne exclusivement romantique se complait dans le narcissisme de sa mélancolie. Elle tente aussi en permanence d’échapper au quotidien par ses rêves ; rêves d’ailleurs roses ou noirs. Une seule chose compte : son ressenti.

Il y a chez ces personnes, phénomène bien connu des psys, une espèce de révolte, de colère d’avoir été privé de quelque chose, avec en prime l’art de retourner cette colère sur elles-mêmes et de la dire par une forte autocritique culpabilisante. Chez d’autres, cela peut aussi s’exprimer par, moins agréable encore, le besoin de démolir verbalement, et de façon cinglante, autrui.

Il y a chez elles aussi un repli et un besoin, non de solitude, mais d’isolement. Inutile de dire que les gens qu’ils perçoivent comme «  sérieux » les ennuient, tout en se trouvant plus médiocres qu’eux, estimant que ceux-ci font toujours mieux !

Je situe donc la bêtise, non dans la personne romantique, par ailleurs souvent intelligente et attachante, mais dans sa croyance idéalisante.

Se sentir exister n’est pas se sentir excité.

Entre la froideur du cœur et son battement excessif, je crois qu’il vaut mieux trouver un juste milieu, quitte à le trouver en alternant un peu !

Je pense vraiment que nous pouvons rester sensibles, imaginatifs, généreux, attentifs, sans tomber dans le piège, très narcissique d’ailleurs, du romantisme. Nous nous placerons ainsi dans une tolérance, un partage, un lien bien plus profond qu’un simple ressenti.

Nous passerons probablement ainsi du sentiment amoureux à l’amour, de la chaîne possessive au libre lien, de l’égocentrisme à l’altruisme, de l’orgueil à l’humilité, de la fusion à la rencontre, avec en prime le fait d’être bien dans sa peau.