05/10/2009

La bêtise du repli sur soi.

Un article d’aujourd’hui de la « libre Belgique » rejoint bien mon avis sur la bêtise des nations ou du moins des opinions publiques sur la migration et tout le racisme qui peut en découler. N’ayant pas aujourd’hui  le courage de la synthèse, je vous le livre tel quel !

L'immigration serait cruciale pour la reprise économique

AFP

Mis en ligne le 05/10/2009

Pour faciliter l'immigration, le PNUD préconise une série de réformes.

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a lancé lundi un plaidoyer en faveur de l'immigration qui, une fois la récession passée, sera utile aux pays riches, en dépit de l'opposition des opinions publiques. Dans un rapport intitulé "Lever les barrières: mobilité et développement humains", l'agence de l'ONU entend "bousculer les idées reçues sur la migration". "Lorsque la récession mondiale sera terminée, la demande de main-d'oeuvre émigrée repartira à la hausse", écrit la responsable du rapport Jeni Klugman.

"La récession représente justement une occasion toute particulière de faire avancer les débats et les réformes sur les politiques migratoires", ajoute-t-elle. "L'heure n'est pas au protectionnisme anti-immigrants mais plutôt aux réformes qui promeuvent des avantages à long terme", poursuit-elle, tout en reconnaissant que "convaincre l'opinion publique d'un tel engagement demande du courage". Le PNUD pour qui "vivre là où on souhaite est un élément clé de la liberté humaine", cherche à démontrer que les flux migratoires profitent à la fois aux migrants, aux pays d'origine et aux pays d'accueil.

"Le rapport ne défend pas une libéralisation à tous crins car la population du pays de destination a le droit de modeler sa société, mais il soutient qu'il serait plus judicieux d'augmenter l'accès aux secteurs ayant une forte demande de main-d'oeuvre, y compris pour les emplois peu qualifiés", explique le PNUD, en rappelant le vieillissement de la population de nombreux pays développés. Prenant le contrepied des idées reçues, le rapport souligne que "les habitants des pays pauvres sont les moins mobiles: par exemple moins de 1% des Africains ont émigré en Europe". Parmi les migrants internationaux, estimés à 188 millions en 2010, soit 2,8% de la population mondiale (74,1 millions en 1960, soit 2,7%), moins de 30% se déplacent d'un pays en développement vers un pays développé.

"Contrairement à ce qui est généralement admis, les migrants développent l'activité économique et donnent plus qu'ils ne reçoivent", relèvent les auteurs du rapport. "Des enquêtes détaillées montrent que l'immigration augmente généralement l'emploi dans les communautés d'accueil, n'encombre pas le marché du travail local et améliore le taux d'investissement dans les entreprises et les initiatives nouvelles", précise le PNUD. Les plus grands gagnants sont toutefois les migrants eux-mêmes.

Une étude citée par le rapport a montré que les migrants issus des pays les plus pauvres ont en moyenne vu leur revenu multiplié par 15, leur taux de scolarisation doublé et leur mortalité infantile divisée par 16 après une migration vers un pays développé. Le rapport cite le cas de Juan, né dans une famille pauvre de la campagne mexicaine, qui avait quitté l'école à 12 ans dans son pays. A 18 ans il est parti au Canada avec son père. Débutant avec un permis de travail temporaire puis obtenant un droit de séjour permanent, il "a fini par créer une entreprise qui emploie des Canadiens de souche".

Pour faciliter l'immigration, le PNUD préconise une série de réformes. Il demande notamment d'"ouvrir les voies d'entrées existantes à davantage de travailleurs, notamment les moins qualifiés", de "garantir le respect des droits humains fondamentaux des migrants, notamment l'accès aux services d'éducation et de santé ainsi qu'au droit de vote".

 

10/09/2008

La bêtise du racisme

Ne nous croyons pas à l’abri de cette bêtise ! Nous avons beau dire » je ne suis pas raciste, mais… ». Le « mais » sous-entend déjà que nous avons quelques préjugés, souvent peu justifiés, sur l’étranger.

Je ne dirais pas que nous sommes nés racistes, mais nous avons sans doute tous peur de ce que nous ne connaissons pas, tout en croyant le connaître.

Nous n’en sommes évidemment plus, quoique, à une époque où nous considérions la couleur de peau comme un facteur de supériorité ou non. Les critères physiques semblent s’être estompés mais au bénéfice, hélas, de critère plus culturels, socio-économiques ou de religion.

Je me souviens de l’idée des noirs véhiculée à l’époque du colonialisme et spécialement à celle du Congo belge. Voilà qui prouve à souhait aussi combien l’éducation est importante. On m’enseignait les bienfaits de « mère patrie » vis-à-vis de ces petits sauvages qui vivaient dans l’ignorance, sans moral souvent et auxquels nous apportions le salut, y compris celui de notre religion catholique. La supériorité de la race blanche m’était comme une chose évidente.

Le temps de « Tintin au Congo » est révolu, mais des traces demeurent.

Autre forme de racisme de mon enfance, celui des italiens dont on chantait avec humour qu’ils avaient deux amours : la mutuelle et la caisse de secours !

Aujourd’hui j’entends avec la communauté maghrébine le même genre de discours.

De quoi avons-nous donc peur ? De perdre nos « privilèges », de ce que l’étranger vienne manger notre pain, détruire notre culture ?

Un peu d’histoire nous montrerait pourtant que la multi culturalité a toujours été facteur de développement et de richesse. Et puis, ne sommes-nous pas tous l’étranger de quelqu’un ?

Le racisme a souvent la même origine que cette autre bêtise qu’est l’intolérance. Or l’intolérance provient toujours, elle aussi, d’une multitudes de préjugés, de peurs, très souvent inconscientes, qui mènent à des discriminations de tout genre.

Mais attention aussi au nationalisme que j’attaquais dans un post précédent. Ce sentiment national engendre lui aussi une forme de xénophobie.

Attention à notre pensée qui a l’art de faire des raccourcis et des amalgames faciles et faux.

Attention à nos politiques, nous le voyons encore aujourd’hui, qui restent frileuses de peur de choquer une large majorité d’opinion publique et le sentiment national.

Là encore un peu d’histoire nous ferait réfléchir. La monstruosité de Hitler et le silence d’une large majorité d’allemands faisaient du monde un champ de guerre. Fou ce que nous oublions vite…

Contrairement à une fausse idée répandue, n’oublions pas que le mythe de la sauvegarde nationale ne répond pas nécessairement à une pensée économique rationnelle.

Devant le cruel manque de main- d’œuvre dans nos charbonnages, nous étions bien contents de faire venir des étrangers.

Aujourd’hui, le recul de natalité, le renversement de la pyramide des âges, sans venue migratoire causerait des dégâts économiques que nous semblons ignorer. Nous mettons en avant « l’étranger assisté », en oubliant un grand nombre d’étudiants sérieux, de bons travailleurs, de mariages mixtes.

Nous crions au scandale flamand qui exige des connaissances de langue française pour obtenir logements sociaux en Flandre ! Voilà une preuve de plus qu’en réalité, les classes dominantes et pas seulement les couches populaires sont toujours tiraillées entre leurs intérêts économiques à courte échéance et des courants d’affirmation de culture à relents xénophobes.

N’oublions pas que les ouvriers étrangers dans nos charbonnages ont aussi gagné leur intégration par la lutte, sans quoi ils seraient restés dans les baraquements où ils étaient assignés.