25/01/2010

La bêtise du pessimisme.

pessimisme08b
Croire en notre incapacité de changer ou ensemble de changer le monde relève autant de la bêtise que de croire à la venue ou à l’élection d’un messie capable à lui seul d’apporter paix et justice. Pourtant, c’est souvent le contraire qui arrive. Les optimistes passent la plupart du temps pour des idiots ! Le « candide » de Voltaire ou encore le célèbre Flaubert dans son « dictionnaire des idées reçues » offraient une bien mauvaise image de l’optimiste. A leur suite, pas mal d’écrivains poursuivent sur leurs traces.

L’histoire nous démontre pourtant de bien belles victoires des optimistes, de minorités actives et de gens qui ont pu réunir autour d’eux des citoyens décidés aux changements. La victoire d’Obama en est une preuve récente, avec son fameux slogan « "Yes we can", «  Tout est possible ».

Mais, laissons là l’histoire, pour en revenir à la nôtre, à notre désir trop souvent égoïste de bonheur. Le temps de crise ne nous incite pas trop à l’optimisme collectif mais aussi personnel. Nous connaissons tous pour l’avoir entendu ou dit  «  la vie n’est pas rose » ! Et c’est vrai qu’elle ne l’est pas. Mais attention, l’optimiste n’est pas celui qui voit tout en rose. Non, c’est celui qui perçoit clairement ce qui ne va pas en lui et autour de lui. C’est celui, qui après avoir analyser clairement ce qui ne va pas, décide de réagir positivement. Le pessimiste, lui, rate son bonheur et celui des autres, parce qu’il lâche prise, a peur de l’échec, n’ose plus trop avancer. Au contraire, l’optimiste lui apprend et sait rebondir et ne se décourage jamais ou peu de temps.

Je me disais encore que les rescapés miraculeux en Haïti sont certainement des personnes qui ont cru justement jusqu’au bout, dans leur trou noir, au sauvetage possible.

J’espère en tout cas faire partie des «  pessimistes optimistes », non pas par intelligence, mais bien parce que j’ai envie simplement de mieux vivre et en encore longtemps. Il semblerait d’ailleurs que des études sérieuses démontrent que les optimistes sont en meilleure santé grâce à un système immunitaire plus efficace.

A titre personnel, nous avons donc tout avantage à l’être. Mais pas seulement, car l’optimisme peut largement contribuer à faire évoluer positivement les événements.

Alors, un petit conseil : entourez vous de gens qui ont la pêche, qui en veulent et ne sombrez pas avec ceux pour qui le malheur semble un choix inéluctable. Le bonheur est quelque chose aussi qui se choisit, sans pour cela voir tout en rose… Le pessimisme et l’optimisme ne se résument pas à voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, à voir tout en noir ou en rose. Ils s’opposent moins que nous le croyons, du moins dans l’analyse. L’important, à mes yeux, est d’agir de façon optimiste, en refusant toute fatalité pessimiste. Et oui, pas si simple qu’à première vue !

21/08/2008

La bêtise du pessimisme

Dans ma jeunesse, épris d’idéal, j’ai évidemment cru en un monde meilleur. J’avoue qu’aujourd’hui, les jeunes doivent sans doute se battre pour un monde moins pire !

Et pourtant, nous aurions tort de tomber dans un pessimisme et une espèce de nostalgie qui nous fait voir le passé comme meilleur. Nous avons toujours trop tendance à l’embellir.

L’espérance d’une révolution telle que Marx l’avait espérée est morte. Seule survivante du système, qui a montré aussi ses limites et ses aberrations, la Chine évoluera à son tour.

Les inégalités demeurent. Le capitalisme et les lois du marché, eux, sont plus que jamais vivants.

Notre humanité, devenue sans doute plus autonome, n’est plus prête à suivre des ténors et prophètes prêchant la révolte populaire pour une meilleure répartition de la richesse. Les humains sont entrés dans l’ère individualiste. Chacun tente de s’autogérer au mieux au détriment d’une solidarité qui peu à peu semble, elle aussi, mourir. Place à la compétitivité !

Rien que cela pourrait nous rendre pessimistes.

Mais à y bien regarder, tout le bouleversement qu’a engendré, entre autres, le fait technologique, ne place pas pour autant notre société contemporaine dans une logique et un mécanisme de recul du bien-être.

Nous sommes loin de nos ancêtres au labeur plus pénible encore que celui d’aujourd’hui, de la scolarité minimaliste de la classe populaire, de l’inconfort des conditions matérielles. Un grand nombre de « pauvres » d’aujourd’hui paraîtraient sans doute riches aux yeux de nos anciens. Nous n’avons jamais été aussi bien soignés et notre espérance de vie ne cesse de croître.

Nous nous sommes, contrairement à eux, habitués au changement. Celui-ci n’est pas nécessairement un mal. Il force notre savoir à devenir plus étendu et notre adaptabilité à relativiser des valeurs entendues jadis comme inébranlables.

Je me pose cependant la question, en observant mon entourage : cette société aux impératifs de rentabilité ne convient-elle pas davantage aux plus jeunes qu’aux gens « mûrs » ?

Je constate que la nouvelle culture capitaliste convient de moins en moins à ces derniers. Une fois des enfants faits, le crédit immobilier contracté et des obligations engagées à long terme, les couples (entendus dans la diversité de notre époque) s’angoissent de leur avenir. La course à la spécialisation pour échapper au chômage, la nécessaire actualisation des connaissances et compétences pour rester «  dans le coup » les angoissent (anxiété augmentée par le fait que les entreprises préfèrent souvent faire appel à de jeunes compétences que de former des moins jeunes qui vont leur coûter de plus en plus chers). Est-ce tenable psychologiquement, mais aussi sociologiquement ?  Heureusement que ce recyclage permanent ne touche pas encore toutes les entreprises !

Autre conséquence probablement de cette « valse » aux emplois, une loyauté moins grande des travailleurs envers des patrons de plus en plus « anonymes » et « lointains ». La loyauté et le travail bien fait n’écarte plus le spectre du chômage et celui de l’inutilité qu’il produit.

Voilà donc bien des facteurs, bien incomplets encore, qui pourraient nous rendre pessimistes pour nos enfants, petits enfants, mais aussi pour la société de demain dans laquelle ils évolueront.

Le capitalisme évoluera aussi, du moins je l’espère. Il a du se socialiser dans un régime industriel qui avait besoin des salariés pour assurer une croissance à long terme, ce qui ne semble plus le cas aujourd’hui au vu de la technologie et de la mondialisation..

Le monde meilleur que j’espérais n’est pas venu, sans nier l’apport positif qu’il a apporté et apportera encore en pas mal de domaines. Les générations actuelles et futures rectifieront certainement le tir et amoindriront, elles aussi, les maux d’un capitalisme qui n’a jamais été ni plus bête, ni plus intelligent que le communisme ou d’autres idéologies.

Le tout sera de ne point tomber dans la superficialité. Il n’y a pas de société qui n’ait connu de difficultés à mettre en place des instruments  indispensables de solidarité  qui soient autres que ceux de la charité et du bon cœur.

J’ose simplement espérer que les champions du libéralisme radical ne gagneront pas les olympiades économiques, sociales, culturelles de notre nouveau siècle.