06/03/2009

La bêtise du rexisme

L’intéressante émission de la Une sur Degrelle a bien mis en exergue le danger représenté par des personnages charismatiques qui prétendent laver plus blanc que blanc.

La bêtise réside toujours dans l’adhésion à des idéologies idéalistes qui tentent de transformer une démocratie en une espèce de corporatisme des « purs » unis et solidaires dans une identité forte.

Les crises, particulièrement économiques, sont un terrain propice au souhait d’un renouveau moral. Voilà qui peut être bénéfique à condition de bien préserver un Etat de droit et de raison.

Heureusement que l’histoire ne représente jamais les mêmes plats, sinon celui des pauvres qui sont toujours vides. Attention cependant à leur simple remodelage et au simple changement de goût. La pensée rexiste n’est pas morte. La preuve en est encore faite par ceux qui nient les camps d’extermination de 6 millions de juifs.

N’attendons jamais de messie politique. Méfions-nous des tribuns. Faisons attention au simplisme de certaines démonstrations. Attention à l’exaltation du nationalisme.

Si nous pouvons espérer mieux de nos parlementaires, ne mettons pas en cause le parlementarisme qui demeure garant d’une démocratie bien plus qu’un pouvoir fort qui prétend être représentatif du peuple.

Attention aux balais ! Dénoncer, c’est bien, mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

Nous traversons une période où de nouveaux Degrelle pourraient apparaître, sous d’autres formes, mais avec une idéologie aussi dangereuse.

Ne nous plaignons pas des consensus difficiles à trouver. Ils sont le signe d’une saine démocratie. Une démocratie sans contre-pouvoirs n’est plus une démocratie.

La démagogie et le populisme de certains partis d’extrême droite pourraient encore réussir l’adhésion d’une masse qui a peur de la crise, des étrangers.

Le rexisme a utilisé pour son succès ce type de méthode.

Les élections approchent, alors autant savoir !

 NON à l'extrême-droite.Mais NON aussi à Toute forme d'extrémisme.

30/08/2008

La bêtise du nationalisme

Je suis belge. Comme ma famille, je n’ai pas choisi de l’être. Je ne me suis pas marié avec mon pays, je n’en ai pas fait le choix. Je suis né avec cette identité et une obligation de contrat. Je ne vais pas m’en plaindre. Mon pays est tout compte fait un pays de cocagne et je n’ai aucune véritable raison ou motivation d’en changer. Je ne suis évidemment pas indifférent aux lois qui régissent mon quotidien, c’est-à-dire à la politique qui ne cesse de s’occuper de moi en tenant compte d’une démocratie exprimée par élection. Ma volonté individuelle s’englue donc dans une volonté plus générale qui tente, souvent mal, de satisfaire l’ensemble de mes concitoyens.

Comme beaucoup, je fais partie de ceux qui tout en étant individualiste croient en la nécessité de l’organisation d’une vie sociale. De là à idolâtrer la nation au point d’affirmer la primauté de l’intérêt national sur l’individu est un pas que je ne franchis pas !

L’identité commune trouvée dans une nation est une bêtise et une illusion. Nous le voyons encore dans les différences qui nous distinguent avec les amis du nord !

Le brave Rousseau distinguait déjà le contrat social du pacte social, entendant ce dernier comme un accord de puissances entre elles. Nous voyons donc bien que la tendance actuelle de la Flandre est bien dans le registre du pacte. Elle veut au fond affirmer sa suprématie du nombre et du fric en rompant un contrat de mariage par lequel, wallons et flamands, les contractants d’hier, s’étaient engagés.

Voilà l’exemple typique qui montre combien le sentiment nationaliste n’est souvent destiné qu’à augmenter ou conforter un pouvoir. Ne nous y trompons pas, les Dedecker, De Wever et consorts, avec en tête Leterme, veulent simplement dans une logique de confrontation augmenter, conforter leur pouvoir, bien plus que de veiller aux bien-être des individus. Le confédéralisme est bien en fait un accord entre deux puissances. Nous y sommes en plein.

Leur tentative nationaliste flamande n’a d’autre but que de casser la solidarité en droit, base de la Belgique de papa, en un pacte de non agression entre deux « nations », celle du nord et du sud. Nous sommes loin du contrat de mariage, nous négocions celui du divorce, avec au nord l’envie de former une nation.

Oh, nous n’en sommes pas encore à un état de guerre armée, mais bien à une vaste manipulation qui tente de bien regrouper le peuple autour de ses dirigeants du nord, du sud et du centre. Le contrat qui voulait nous traiter en sujets s’éteint au profit d’un traité de puissances.

Toute exaltation m’a toujours paru bête et spécialement celle de l’idée nationale.  

La Belgique se meurt, mais pas le nationalisme. Mon pays qui s’était créé par une communauté capable de se doter, de « s’instituer » par des lois communes qui font que les sujets se lient par des obligations et devoirs s’effondre petit à petit. A la souveraineté de l’Etat belge succédera sans doute la souveraineté de la volonté particulière d’une Flandre en quête d’indépendance.

On a beau me dire que la représentation électorale flamande ne traduit pas majoritairement cette envie d’indépendance des citoyens du nord, je n’y crois pas trop.

Ne nous méprenons pas et ne glorifions pas trop le nationalisme nouveau européen, qui lui aussi n’a rien d’uniforme et est en général une simple transposition des idées nationales selon les pays. Lui aussi est à situer dans le registre d’un pacte de puissances, bien plus que dans un contrat profitant aux sujets.

Mais le nationalisme est une notion bien ambiguë qui demanderait évidemment un développement plus exhaustif que ce que je peux en dire ici.  Je ne crois évidemment pas qu’il fasse partie de la nature humaine. Aucune théorie ou analyse sérieuse ne parvient d’ailleurs  à cerner vraiment la question du nationalisme. L’ampleur du phénomène et de ses causes peut être éclairé mais pas saisi totalement.

Ce que je sais est que je ne veux pas faire allégeance à l’Etat au point de le reconnaître comme représentant de mon identité ! Il me semble plus intelligent de baser mon identité sur moi-même, en ne reniant pas pour autant en moi une dimension sociale. Réduire cette dimension collective à un Etat, à une religion ou à un fondement moral n’est pas une référence de liberté. 

Hélas, si nos sociétés se mondialisent, je crains que cette mondialisation renforce le sentiment nationaliste et serve en quelque sorte de contrepoids.

Ma communauté de référence voudrait être autre. Je la voudrais à la fois restreinte et universelle. Elle serait celle des gens que j’aime et celle de ceux qui tissent entre les êtres des liens de paix et de solidarité. Elle serait celle qui sait pardonner, être tolérante et refuser toute forme de violence.