15/09/2009

La bêtise des promesses électorales.

feuilles mortes
Nous entrons bientôt en automne et comme les feuilles mortes vont se ramasser à la pelle, les promesses électorales s’envolent aussi, avec comme grand motif, le vent de la crise.

Tous nous avaient promis la revalorisation de l’enseignement. La ministre Simonet commence par donner plus de boulot aux enseignants et ce sans plan global d’une grande réforme indispensable de notre enseignement qui reste encore bien trop inégalitaire.

Tous nous avaient promis la suppression de la redevance radio tv. « Ce n’est pas que je ne veux pas, dit le très manichéen André Antoine, mais c’est que je ne peux pas » !

Tous avaient promis une réduction de TVA dans le secteur horeca, dès que l’Europe l’autoriserait. Voilà qui est fait, mais ce secteur ne voit rien venir. A mes yeux, cette réduction n’est pas prioritaire comme celle sur l’énergie. Elle ne serait utile que pour autant que travail en noir y soit bien plus contrôlé. La réduction  devrait servir à un accroissement de main d’œuvre et éviter à ce secteur la faillite dont il ferait aujourd'hui l’objet.

Voilà trois promesses non tenues qui me viennent en tête, mais elles ne sont qu’exemplatives…

Que dire alors de la bonne gouvernance, quand nous apprenons que les hauts parleurs verts de l’éthique politique ont bénéficié durant cinq ans d’une subvention annuelle de 500.000 euros attribuée par le PS et CDH, alors qu’écolo n’y avait pas droit puisqu’il n’avait pas assez d’élus pour former un groupe politique.

Que dire alors des ministres et présidents d’assemblée, qui au fédéral comme au communautaire et régional continuent de disposer de collaborateurs (un de niveau universitaire et un non universitaire) après qu’ils soient sortis de charge et ce durant deux ans pour le niveau fédéral et au niveau des entités fédérées durant une durée égale durant laquelle la charge ministérielle a été effectivement prestée avec un maximum de cinq ans ! Chez écolo ces collaborateurs sont « reversés » dans un pot commun du parti. Mais il y a des exceptions. Ainsi Isabelle Durant, qui fut vice-Première ministre en charge de la Mobilité et des Transports durant la législature arc-en-ciel (1999-2003), a-t-elle posé le choix de conserver comme collaborateur une femme de ménage à son domicile privé. Et oui !!!  La faiseuse de morale n’a jamais clamé la chose… Pas plus d’ailleurs que Marc Nollet ne s’était vanté d’avoir bien reclassé son ancien chef de cabinet.

Que dire aussi des indemnités versées aux non réélus et des pensions attribuées dès leur 60 ans à tous les mandataires, y compris, en ce qui concerne le communal, aux bourgmestres, échevins et présidents de CPAS ?

Entendez alors leurs discours sur leur motivation qui n’est évidemment que de se mettre au service du bien public.

Le cumul de tous ces privilèges sont-ils chiffrés ? Ils pourraient bien atteindre le montant que la taxe redevance radio-tv rapporte.

Tous pourris ? Je persiste à croire que non. Ce discours pourrait favoriser d’ailleurs une extrême droite qui est encore plus pourrie.

Il est temps, en tout cas, de profiter de la crise financière pour remettre de l’ordre dans la longue liste des privilèges, coûteux et soigneusement cachés, attribués aux mandataires. N’y a-t-il pas d’ailleurs incompatibilité dans le fait que le législateur, càd les mandataires, se fixent eux-mêmes les montants de leurs salaires et avantages divers ? Ces dames et messieurs se sucrent aisément, sans vraie transparence. Qui dans le peuple connait vraiment tout cela ? Qui lit le moniteur ? Tous ses arrêtés et réglementations passent comme lettre à la poste sans que les citoyens y prêtent attention réelle. Dommage. Mais n'est-ce pas aussi notre faute, puisque nous ne nous intéressons pas à la politique? Sinon pour dire que tous les mêmes...et de toujours voter pour les partis traditionnels.