25/02/2009

La bêtise de la nostalgie.

Nous traversons toutes et tous, je crois, des moments de nostalgie. Nous revivons un peu un passé que nous avons toujours tendance à embellir ou enlaidir.

J’avoue, sans le renier, sans le regretter, qu’il m’arrive aussi de le regarder, mais jamais très longtemps ! Est-ce peut-être la cause de mon bien –être ? Il me semble avoir goûter la vie tout au long d’étapes bien différentes, parfois riches ou moins riches et pénibles.

Je ne voudrais plus être enfant, adolescent, jeune en quête de réussite, adulte plus expérimenté.

Rien de tout cela. J’apprécie mon présent. Est-ce probablement ma seule façon de défense contre la vieillesse ? J’aime la citation d’Yvon Paré : « Etre vieux c'est quand le passé envahit toute la place et qu'il ne reste plus d'espace à l'avenir. Etre vieux, c'est devenir une chose du passé dans un présent sans avenir... ».

Je suis pensionné, grand-père ; Je ne dois plus donc avoir beaucoup d’avenir, selon bien des critères répandus ! Qu’importe, plus que le mien, c’est celui des autres qui continue à me passionner.

La nostalgie est souvent bête. Elle est source de plaintes, de regrets. Se retourner trop sur son passé ne laisse plus d’espace, comme dit cet auteur, à l’avenir.

La vieillesse n’est pas aussi terrible que certains le croient. Il suffit qu’elle se donne cet espace d’avenir. Un avenir qui devient écoute bien plus qu’action. Un avenir qui croit encore aux talents des jeunes et à leur capacité d’embellir le monde. Nous pouvons être levain à tout âge ; nous mêler dans la pâte d’aujourd’hui sans toujours dire que celle d’hier était mieux et donnait meilleur pain !

Le temps passe et crée très vite du passé. C’est une réalité humaine qui n’est pas prête de changer, même si notre espérance de vie ne cesse et ne cessera de s’allonger.

Notre promenade de vie active ou non, nous ne pouvons la refaire à l’envers, sinon dans son évocation qui est souvent un pansement pour soigner nos blessures et ennuis actuels.

En voyant dernièrement le film sur Françoise Sagan, je me disais qu’elle n’avait probablement pas tort de dire : « Mon passe-temps favori, c'est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps, vivre à contretemps ».

Mais peut-être suis-je bête en pensant que perdre son temps est souvent aussi utile que de courir après des combats à la « don Quichotte » ! J’aime en tout cas ce privilège de la vieillesse…

Je ne suis pourtant pas de ceux qui se taisent sur tout. Mieux vaut garder aussi son sens de la révolte face aux injustices.

Pour conclure sur la bêtise de la nostalgie, je dirais qu’elle est bête quand elle jette sur le présent des ombres sur nous et sur le monde. Elle est bête quand nous nous y enfermons, car à ce moment elle nous rapproche de la tombe et j’aime vivre !

 

28/09/2008

La bêtise de vouloir rester jeune.

Rester  jeune  et paraître  jeune  longtemps, voilà un rêve aussi vieux que le monde ! Des efforts infinis ont été faits au cours des âges pour réparer l'irréparable outrage du temps qui passe et se dessine sur nos corps.

Notre époque, plus que d’autres sans doute, est atteinte de « jeunisme ». L’importance accordée aux jeunes nous culpabiliserait presque d’être vieux.

La publicité ne cesse de pousser à l’aberration de faire croire aux effets miracles des produits rajeunissants. La chirurgie esthétique est de plus en plus promise à un développement qui fera disparaître quelques traces du temps, avec des résultats qui devraient probablement se révéler de moins en moins décevants.

La bêtise réside moins dans le fait de vouloir garder la forme, voire la beauté, mais bien de penser échapper au réel de l’implacable horloge qui tourne. Oh, le combat du temps remporte des victoires. Nous ne nous en plaindrons pas. L’espérance de vie ne cesse d’accroître. Mais faut-il pour cela refuser les conséquences de ce prolongement ?

Les signes de vieillesse sont presque devenus honteux. Les rides, beaux signes souvent d’expérience de vie, doivent disparaître. On camouffle. On triche.

Il y a presque une dictature de la jeunesse, ou du moins une idéologie dominante. Les aînés disent ne point comprendre les jeunes d’aujourd’hui et en même temps ne cessent de tenter d’y ressembler.

Et nous en revenons encore et toujours au monde du « paraître », le «  tout pour l’image ». Vouloir, à tout prix, paraître jeune. C’est un peu comme si nous croyions que vouloir paraître heureux nous apportait le bonheur. L’image restera toujours l’image. Quelque chose en dehors du réel. La valeur du supermarché de la beauté devient dangereuse.

Etre vieux n’a rien de terrifiant. Bien au contraire. Personnellement, je ne voudrais plus avoir vingt ans. Le temps m’a appris à mieux vivre. Un lifting complet d’une façon de voir les personnes, les choses et surtout soi-même vaut bien tous les bistouris de chirurgie esthétique.

Tenter de se ressembler le plus possible vaut mieux que des tentatives  pour ressembler à telle ou telle star.

Ma jeunesse, je la garde bien plus par ma volonté de ne pas devenir morose, blasé, soupçonneux ou acariâtre. J’évite ainsi la bêtise de la vieillesse !

Je ne me grime pas en jeune. Je me présente tel que je suis ou tente de l’être.

Je me fous de cette société ou chacun devrait être au top, être in !

Mon dynamisme et ma performance, je les place dans l’acceptation du temps qui passe et me fait découvrir encore chaque jour que la vie vaut la peine d’être vécue.

Ce que les jeunes attendent n’est pas que nous leur ressemblions. Ils attendent surtout que nous leur racontions notre histoire en écoutant la leur.

Je ne crois ni aux vertus du jeunisme, ni à celles de la vieillesses. Je crois à celles de l’échange et de la solidarité intergénérationnels.