08/09/2008

La bêtise de la philosophie

Je réponds  à cet aimable et anonyme commentateur d’hier (oeps) de mon bêtiser qui veut un post sur la bêtise de la philosophie.

Je suis assez d’accord pour dire que la philosophie est souvent « une route qui mène de nulle part à rien ».

La philosophie est un pêle-mêle, une espèce de fourre-tout, qui n’a pas de véritable objet, contrairement aux autres sciences. C’est sans doute la raison qui me fait aimer cette bêtise.

Si elle a une prédilection pour certains domaines, elle demeure néanmoins une critique très critiquable. Elle aide en tout cas à prendre connaissance de nos limites, de notre ignorance. C’est déjà ça ! Vouloir comprendre le réel est et restera encore longtemps une ambition illusoire. Mais à bien y réfléchir aucune science n’a pu faire une analyse critique exacte de notre mystère humain, de notre recherche ou non de sens.

Bêtise sans doute de prétendre étudier de façon rationnelle ce qui ne le sera jamais.

Mais la bêtise, comme souligné dans mon introduction, a du bon. Le regard critique, lorsqu’il ne dénonce pas que les ténèbres, mais tente de jeter un peu de lumière, est moins bête qu’il n’y parait. Mais si la philosophie se veut critique de toutes les sciences, elle doit bien évidemment se critiquer elle-même.

Bien argumenter n’est évidemment pas une sécurité de vérité, mais cela peut aider à mieux la cerner.

La philosophie me parait moins bête lorsqu’elle s’éloigne de l’étude pour devenir un style de vie qui me fait prendre un peu de recul, me fait réfléchir avant de me lancer dans des affirmations ou dans des acceptations d’idées préconçues, de préjugés.

Point besoin d’un long travail intellectuel à la manière universitaire pour adopter un mode de vie philosophique. De là à prétendre que seul le bon sens suffit me parait un peu court. Le bon sens n’est pas inné et demande d’être alimenté par un minimum de connaissances ou au moins d’expériences réfléchies.

La bêtise serait de croire que la philosophie qu’on nomme sagesse aurait la capacité de chasser nos problèmes pour nous faire vivre dans un bonheur total. Elle peut juste nous aider à regarder nos problèmes plus calmement et atténuer notre souffrance par une façon de la voir plus intelligemment.

Voilà donc, cher lecteur hélas anonyme, quelques lignes sur la bêtise philosophique.

Mes élucubrations sur la bêtise ne veulent en rien prétendre à l’intelligence. La dénonciation de la bêtise serait autre bêtise si elle n’était que négative et ne tentait pas de mettre en lumière ce que l’humain possède d’intelligence, comme principalement sa capacité d’aimer.