08/01/2010

la bêtise de la crise.

inbev
Crise pour qui ? Il serait « bête » de la voir comme inéluctable et comme une logique que nous ne pouvons changer. Ce qui se passe encore chez Inbev (Stella, Jupiler, etc.) prouve à nouveau la folie des fusions et la création des multinationales, sensées sauver nos entreprises dans une mondialisation de l’économie.

L’exemple de Inbev est une nouvelle fois éloquent.Fin 2005 déjà, suite à la fusion d'Interbrew avec les Brésiliens d'Ambev, Inbev réalisait un bénéfice record de près de $1milliard. Et pourtant 3 mois + tard, mars 2006, rappelez vous (car eux savent qu’on oublie vite), annonce de : 1) 265 licenciements ici (303 en France, moins connus), 2) fermeture de Hoegaarden, et réouverture sous la pression commerciale, 3) délocalisations vers pays de l'est (notamment services administratif !!) et 4) distribution-cadeau innocente de nouveaux verres augmentés de 3cl aux braves cafetiers entubés. Justification des licenciements: "Après un tel bénéfice, nous nous devons de réduire les coûts pour être en mesure de maintenir un return au moins similaire aux actionnaires en 2006." L'hyper-ultra-capitalisme dans toute sa splendeur, sans la moindre valeur, qui n'a cure de ses propres travailleurs et consommateurs…

La droite, mais aussi les socialistes, humanistes et écologistes, nous cassent les oreilles et nous font croire que les charges patronales, l’impôt sur les sociétés, etc. sont trop lourdes. Faux, mais ce qui est vrai, c’est que les trois familles belges qui se classent parmi  les plus riches sont les actionnaires d'Inbev. 7.36 MILLIARDS D'EUROS. Spoelbergh-de Mévius-Van Damme qui détenaient Artois et Jupiler devenu Interbrew puis Inbev. Voilà des milliardaires qui sans rien faire que de participer à des CA ou même y déléguer des ploucs car c'est encore trop de s'assoir dans une assemblée une heure par mois. Voilà de quoi, relancer la bonne idée de la taxe sur les millionnaires. A noter dans les « ploucs » bien payés un certain Jean-Luc Dehaene…

Mais voilà, l’égoïsme et l’individualisme, avec un dédain ou une indifférence de la chose politique, priment. Les citoyens sont plus soucieux de rêver aux VIP et de se consacrer aux futilités offertes pour endormir son esprit. Ils semblent se résigner, ignorant la puissance qu’ils auraient s’ils «  gueulaient » ensemble et soutenaient d’autres politiques.

Souvenez vous de : « Quand ils sont venus chercher les communistes je n'ai rien dit ; je n'étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai rien dit ; je n'étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs, je n'ai pas protesté ; je n'étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les travailleurs, je n'ai pas protesté ; j'avais peur de perdre mon emploi. Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait plus personne pour protester…

La bêtise est ne poser aucun signe de protestation… La solidarité ne serait donc bonne que quand nous avons besoin ?

Je ne voudrais pas revenir en  1789, époque où on a brulé des châteaux et coupé en deux parties des "patrons voyous" au niveau du cou... Maintenant ils ont bien de la chance, et ils en rigolent. Il y d’autres moyens de faire changer les choses. Ce sont les minorités qui font changer les choses, parce qu’elles sont les seules à être agissantes.

Un petit geste utile serait déjà d’exiger la taxe sur ceux qui possèdent, non par leur travail mais pas spéculation, à partir de un million d’euros (quarante millions d’anciens francs belges).

Devenez fan de ce produit.

Pour en savoir plus: www.taxedesmillionnaires.be

16/12/2009

Impôts PME et Multinationales.

reynders
Mon dernier post sur la bêtise de la fiscalité semble se confirmer par un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires qui relève qu’en France ( mais certainement aussi en Belgique) les grandes multinationales ( Total, BNP Paribas Fortis, etc…) paient deux fois moins d’impôts sur leur bénéfice que les petites entreprises. En moyenne, les petites sociétés de moins de 10 salariés versent 30% de leurs bénéfices à l’Etat alors que les géants de l’économie n’en versent que 8%.

Je me demande toujours comment les petits indépendants font encore confiance à la droite ( MR) qui ne fait que favoriser les grosses entreprises qui par des transits et astuces de paradis fiscaux (  Andorre, Iles Caïman, et autres) éludent l’impôt tandis que le boulanger, le peintre, le petit épicier, le cafetier et le restaurateurs, eux,  crachent les 30% et tentent, bien forcés, de cacher un peu de leurs bénéfices.

Ces grandes multinationales disposeraient de 1.500 filiales dans les différents paradis fiscaux !

Est-ce être gauchiste de réclamer de ces grosses entreprises et de leurs patrons une taxation équivalente à celle des PME ? Est-ce être extrémiste de dénoncer les avantages, notamment par les intérêts notionnels qu’engrangent en plus ces multinationales ?

Est-ce exagéré de suivre le livre très documenté de Marco Van Hees, inspecteur des finances, « Didier Reynders-l’homme qui parle à l’oreille des riches » qui prouve que les holdings d’Albert Frère paient moins d’impôts que sa concierge ?

Une seule chose me parait claire : la pression fiscale est réduite pour les nantis, mais pour le commun des contribuables, les chiffres sont loin d’en attester.

Voilà qui  est bien loin des jalousies personnelles évoquées par un de mes commentateurs, mais des arguments plaidant pour simplement une meilleure justice fiscale !

14/12/2009

La bêtise de la fiscalité.

fiscalité
Si tout le monde déteste payer des impôts et des taxes, chacun pourtant réclame de l’Etat toute une série de services et pas des moindres, tels que enseignement, routes, soins de santé, pensions, etc., etc.

La solidarité n’est évidemment une bêtise et est le résultat bien souvent d’une longue lutte. Elle devient inacceptable  quand soit ce que l’Etat empoche est gaspillé, mal géré mais aussi lorsque la fiscalité est injustice et fait reposer sur la masse des « petits » une série de charges en offrant aux mieux nantis des réductions d’imposition.

La fraude sociale doit être réprimée, mais qu’est-elle à côté de la fraude fiscale ?

Le belge est champion, semble t’il, pour « tricher l’Etat. Mais qui triche le plus ? Le pauvre employé ou salarié est ponctionné à la base et ses revenus bien connus. Le petit indépendant triche bien souvent parce qu’obligé pour maintenir son commerce en vie. Il est pourtant la cible d’un tas de contrôle et ne bénéficie pas de toute une ingénierie fiscale dont les grandes sociétés ne se privent pas.

Hier, au débat sur la Une, j’étais écœuré d’entendre un professeur d’université et avocat d’affaire, travaillant à 600 euros de l’heure (si si), oser déclarer que le métier où il y avait le plus de fraude était celui des techniciennes de surface !!

Etonnant de constater aussi que l’emploi au Ministère des finances diminue, alors que ce sont les seuls fonctionnaires qui rapportent vraiment. Etonnant de voir le manque d’outils de contrôle pour les grosses sociétés, alors que le petit indépendant est lui constamment inquiété.

La fraude fiscale est estimée à 30 milliards d’euros et il est évidemment à parier que la plus grande partie de celle-ci ne provient pas du travail, mais bien de toute ingénierie fiscale mise en place pour sauvegarder des bénéfices qui transitent via des paradis fiscaux. Bénéfices qui vont évidemment dans la poche d’une infime minorité.

L’impôt sur les sociétés ne cesse de se constituer en cadeau sous prétexte de compétitivité et de création d’emplois. On connait malgré cela une augmentation terrible du chômage.

En plus d’éluder l’impôt, ceux qui gagnent le plus échappent aussi à une taxation sur la fortune. Mon post sur la sympathique taxe des millionnaire avait provoqué quelques polémiques, mais avouons que taxer, même légèrement puis progressivement à partir d’une fortune de un million d’euros n’est pas taxer le travail du «  fortuné ». Pour posséder un million d’euros, il faudrait avoir épargné 1.850 euros par mois pendant une carrière de 45 ans !  Pourriez-vous le faire ? Si oui, vous faites partie des 2% de la population. Mettons même que vous ayez la possibilité d’épargner 300 euros par mois. Il vous faudrait alors 600.000 ans (oui je dis 600.000) pour atteindre la fortune de Maurice Lippens, ex patron de Fortis- 304 million d’euros !

30 milliards de fraude fiscale, 8 milliards à récupérer via une légère taxe sur les plus fortunés, imaginez ce que l’Etat pourrait faire avec ces sommes colossales ? Création d’emplois publics (hôpitaux,  crèches, etc.), augmentation des pensions, logements sociaux, réduction facture énergétique, pour ne citer que quelques uns.

Mais je rêve ou quoi ? Vrai que papa  Daerden et père fouettard Reynders sont pas père Noël... LOL.