03/05/2009

La bêtise idéologique

politique-belge
En cette période nerveuse de campagne électorale, je crois que la bêtise des hommes politiques est de sortir du politiquement correct. J’entends par là les attaques personnelles ou caricaturales, les débats houleux autour de « faits divers » peu glorieux de responsables qui ont confondu leur porte feuille avec celui de l’Etat. Aucun parti n’a le monopole de la sainteté ou de l’honnêteté de ses ouailles.  Il faut, bien entendu, poursuivre en justice ceux qui ont commis le moindre abus et redire la nécessaire transparence de la gouvernance publique, tout comme d’ailleurs celle de toute entreprise.

De là à en faire des enjeux électoraux serait une grave erreur. Autant  les citoyens semblent se régaler de scandales et crier leur indignation, autant dans l’isoloir, ils se tournent vers des personnalités dites « sages ». Etre au-dessus la mêlée assure meilleur succès que de s’amuser dans les bacs à sable !

Ceci dit, je me demande parfois, en lisant encore les derniers sondages sur les intentions de votes, pourquoi les gens continuent toujours à voter pour les partis traditionnels.

Les débats gauche-droite ne renforceraient-il pas tout simplement les forces politiques traditionnelles ? Que dire des « centristes» qui dans leur « ni-ni », ni à gauche, ni à droite  profitent (écolo semble y réussir mieux que le CDH) de cette opposition de type idéologique.

L’analyse des différents programmes révèle pourtant que les lignes de chaque parti politique ont considérablement bougé. A force de vouloir séduire des personnes issues de divers milieux et mouvements sociaux, chaque parti tente de se montrer attentif à eux. Du berceau au cercueil, nous serons pris en charge et choyés!

A droite, le libéralisme se dit social ; à gauche, le socialisme se déclare pour une économie de marché mais plus régulée et contrôlée qu’à droite et les centristes se disent ne pas vouloir dépendre d’étiquettes dépassées. Ils disqualifient les anciens clivages en mettant l’accent sur des valeurs venues de la chrétienté (CDH) ou de l’environnement (Ecolo).

L’ère des fortes idéologies, des clivages gauche-droite, laïcs et religieux est-il mort ? Le pragmatisme du compromis a-t-il anéanti les radicalismes ?

La consommation et le confort, pourtant très relatif, de notre société a-t-il endormi les revendications mobilisatrices de nos anciens ? Le monde ouvrier, qui représente pourtant une large partie de notre population, s’est-il embourgeoisé au point d’avoir perdu sa solidarité et son sens du combat ? La mondialisation a-t-elle éteint l’esprit citoyen ?

L’endormissement des esprits est bien orchestré par des médias où la débilité règne en maître. Dans les cours de récréation, si de mon temps on y parlait encore philosophie, actuellement on y parle foot, jeux vidéos, stars en tout genre. La femme de quarante ans se plait à lire la vie poeple et se régale de voir le gotha en parade.

Autre caractéristique de notre époque que nos politiques connaissent bien : l’émotionnel. Ils s’en emparent souvent pour seulement en être diffuseur, mais plus rarement pour résoudre les mécanismes sociaux et économiques à l’origine de bien des drames humains. Je pense à toute la délinquance qui d’un point de vue de droite doit faire surtout l’objet de mesures sécuritaires accrues (souvent inefficaces mais bien vue de la population) et la prévention mise en plus en avant par la gauche (souvent inefficace par manque de moyens). Que dire d’un accroissement de la pauvreté qui va toujours de pair avec un accroissement de la violence et de la délinquance ?

Je sais que l’analyse et la critique sont  plus aisées que l’art de gouverner. Il n’empêche que celles-ci aident à faire des choix très concrets.

Dire que tous les partis, les politiciens sont à mettre dans le même sac, c’est se déresponsabiliser. Sous une apparente similitude, des nuances énormes demeurent.

Hélas, à l’heure actuelle, aucun parti ne parvient à faire preuve d’une véritable originalité pour gérer une société en crise non seulement économique mais aussi en recherche d’identité et de valeurs. Tous, y compris les plus « révolutionnaires » nous servent des vieilles recettes qui manquent cruellement d’originalité pour affronter une société qui ne ressemble plus à celle d’hier et d’avant hier.

Je suis convaincu que le capitalisme, le libéralisme, le socialisme, l’écologie ont besoin d’un renouveau, autant d’ailleurs qu’un humanisme devenu  tarte à la crème.

Il est temps de mieux écouter les philosophes de notre époque. La crise va se poursuivre. Croire la soigner et y mettre fin avec d’anciens remèdes, je n’y crois pas. Le chômage, par exemple, ne fera que de s’accroître, l’endettement aussi. J’aime à ce propos ce qu’en dit Albert Jacquard : « Le véritable remède contre le chômage est qu'il n'y ait plus de travail pour personne, mais pour chacun une place dans la société ». C’est bien de cela qu’il s’agit. Plutôt que de rêver encore à une société de plein emploi, n’est-il pas temps de concevoir une où chacun puisse trouver sa place dans une utilité qui soit autre que plus value économique ? Cessons alors de cataloguer en travailleurs et chômeurs. Mettons plus en valeur le secteur dit « non-marchand ». Inventons une nouvelle solidarité. Forçons les entrepreneurs à développer d’autres valeurs que la rentabilité à n’importe quel prix.

Il n’y aura pas de solution tant que nous resterons dans une société qui a fait de la consommation son idole. Faisons du commerce équitable. Faisons de la connaissance un véritable plaisir. Donnons la priorité à l’école. Elle doit former des hommes et pas seulement des experts et techniciens rentables.

Refusons la politique spectacle pour promouvoir celle de vrais et nouveaux projets. Le bonheur de chacun ne réside pas dans sa capacité de consommer tout et n’importe quoi. Le pouvoir d’achat doit bien sûr être mieux réparti et plus égalitaire, mais il doit devenir un outil autre que celui servant à une consommation artificielle, inutile, qui ne fait qu’alourdir les inégalités.

Voilà ce que j’attends du monde politique. Ce que j’attends aussi de celles et ceux qui auront eu le courage de lire mon long post, c’est autre chose qu’une larme à l’œil pour la misère humaine ou de la révolte pour ceux qui se servent généreusement et sont scandaleusement riches. J’attends encore naïvement un choix politique réfléchi allant au-delà de sentiments éphémères et qui forcent nos responsables à faire « autrement » de la politique.

Et ne me dites pas encore que vous ne vous occupez pas de politique, que cela ne vous intéresse pas, que cela ne sert à rien. Vous affirmeriez par là que vous vous foutez du sort des gens et même du vôtre !

20/03/2009

La bêtise continue

Inutile de dire que durant cette courte pose, les bêtises dans notre société et celles de ceux qui l’influencent n’ont cessé.

Il y a celle de la fameuse commission parlementaire qui confirme que pour noyer un problème, rien ne vaut de faire une commission pour le traiter. La nuance est évidemment importante, mais lorsqu’elle est là pour masquer la réalité, c’est autre chose !

Déception aussi envers les écolos qui veulent toujours laver plus blanc que blanc, mais qui, avec l’arrivée sur leur liste de Jean-Claude Defosset, prouvent qu’eux aussi n’hésitent pas à engager des attrapes voix.

La plus grosse bêtise, mais nous y sommes habitués, est celle du vieux conservateur Benoît XVI, avec sa sortie sur la capote. Irresponsabilité de celui qui n’est plus écouté que dans des pays à majorité de populations peu instruites.

Bêtise aussi de croire à une crise financière passagère. Bien plus qu’une crise, il s’agit bien d’une mutation profonde de nos sociétés qui ont cru  les ressources du monde inépuisables.

Seuls quelques bons visionnaires, comme le brillant  Albert Jacquard, osent parler vrai.

J’aime bien cet homme à la fois scientifique et philosophe. Je l’aime parce qu’il dit bien mieux de moi ce que je pense. J’aime aussi son utopie, car sans utopie, pas de progrès.

Dans notre monde où fleurissent tant de cons, il faut mettre en lumière la pensée ce type d’homme intelligent, simple, rempli de sagesse et avec une vision remarquable de société.

Dénoncer les bêtises ne suffit pas à les supprimer. Il faudrait davantage mettre en lumière les artisans d’un réel mieux-être d’une humanité qui a trop cru au bonheur qu’apportait la croissance de la consommation.

Hélas, bêtise de plus, nos medias préfèrent faire la une avec des montres comme ce père incestueux autrichien. Faut-il être bourreau, assassin génie du mal pour devenir une sorte de « héros » dont les médias s’emparent et sont prêts à payer des fortunes pour obtenir les détails glauques de crimes crapuleux ? L’école de l’information se fait de plus en plus miroir de faits divers qui dégoûtent ou de vie de stars qui font rêver de devenir scandaleusement riches.

17/02/2009

La bêtise de la crise.

On ne cesse de nous bassiner les oreilles avec la crise et le pouvoir d’achat.

La peur s’accroît dans une population qui est pourtant dans nos pays riches en capacité de vivre avec l’essentiel.

Bien sûr, il faut veiller à ceux qui sont fragiles, aux petits revenus et sauver l’emploi. Bien sûr, il faut dénoncer le capitalisme sauvage et spéculatif. Bien sûr, il faut dénoncer les gens qui gagnent des fortunes et empêchent une juste répartition des profits.

Il est temps de revoir en profondeur et de mieux contrôler les mécanismes financiers qui  nous foutent dans la merde.

Il est temps de supprimer les parachutes dorés, les salaires fous de certains patrons, mais ne faut-il pas aussi, nous tous,  retomber sur terre.

Ne serait-il  pas aussi intelligent de revoir un peu notre façon de concevoir notre bonheur, en dehors de notre peur de perdre une série de gadgets  parfois très coûteux. N’est-il pas temps de profiter de cette crise pour mieux se contenter des petites choses de la vie. N’est-il pas de temps d’abandonner, de boycotter, toutes les images poeples qui intoxiquent les envies et les rêves humains.

N’avons-nous pas le pli de croire que seule la satisfaction, d’ailleurs éphémère, de nos besoins de consommateurs de biens inutiles, si souvent vantés par la publicité, amène un mieux vivre ?

Les gens achètent des tas de cd et ne trouvent plus le temps de les écouter ! Il leur semble indispensable d’avoir le dernier modèle de TV, d’ordi, de voiture, etc. pour se sentir bien.

Ne mangeons-nous plus qu’il n’est nécessaire et faut-il manger des fraises en hiver pour mieux vivre ? Avons-nous encore plaisir à cuisiner et goûter des choses simples et succulentes ?

Faut-il toujours partir sous le soleil lointain pour passer de bonnes vacances, avec d’ailleurs le stress de bien les préparer et la panique que tout va bien se passer, que l’entreprise de réservation ne valsera pas en faillite ou que l’aéroport ne sera pas en grève !

Ne sommes-nous pas tombés dans la drogue de la consommation de biens inutiles, avec toute la dépendance qui découle de notre comportement d’acheteur?

Voir la crise de manière positive, voilà qui nous ferait probablement  avoir moins peur et ferait de nous des acteurs du changement devenu aujourd’hui indispensable.

03/12/2008

La bêtise de la consommation.

Le réalisme voudrait souvent qu’on trouve la vie inutile, moche, injuste, violente. Le romantisme la voudrait autre, rose, généreuse, douce, pacifique.

Ma mère me disait toujours qu’elle n’était jamais ni pire, ni meilleure qu’on ne se l' imaginait et elle avait raison.

Je suis encore attaché à tous ceux qui veulent le changer notre monde tout en me disant qu’avec l’âge je me suis plus attaché à changer mon regard sur lui.

Si garder le sens de la révolte est utile, intelligent, il faut aussi prendre le recul nécessaire pour dédramatiser bien des situations et les relativiser.

Ce qui continue à me faire mal est l’opulence de notre pays riches face à la misère humaine et matérielle des pays dits en voie de développement ou dits aussi émergents.

Oh, bien entendu la misère existe aussi chez nous, souvent d’ailleurs comme résultat d’une bien mauvaise redistribution de nos richesses.

Crise économique, pouvoir d’achat, violence, insécurité, semblent bien trop monopoliser notre actualité.

Peut-être est-ce le temps de réfléchir au bonheur qu’a apporté ou non la frénésie de la consommation ?

En ce temps de Noël, que par ailleurs je déteste car il me semble être bien plus source de dépression que de véritable fête, ne devrions-nous remettre en question notre pessimisme naturel ; regarder notre confort de vivre dans un pays exceptionnel avec un accès aisé à ce qui est essentiel.

Les riches hurlent d’avoir perdu ce qu’ils savaient être des placements à risque. Voilà au moins un problème que les pauvres n’ont pas !

Je ne vois pas l’avenir avec pessimisme. Est-ce bête ? La crise va probablement permettre à instaurer d’autres modes de vie et éviter des tas de gaspillages. Elle permettra d’autres développements.

Le capitalisme prouve enfin ses limites. Ceux qui ont cru qu’il suffisait d’augmenter une forte croissance pour mener des politiques du bonheur se sont trompés.

Il en va de la politique comme de notre aventure personnelle. La course à posséder, à consommer, loin de satisfaire les besoins les augmente, les exacerbe.

Que de paradoxes dans notre façon de critiquer, voire de maudire, notre société tout en en étant en même temps les artisans ! Nous avons construit nos frustrations, notre esclavage…

Oser affirmer encore que la croissance est un moyen de résoudre tous nos problèmes, et spécialement le problème des pauvres est stupide.

Cette illusion semble heureusement se perdre, sauf chez ceux de « droite ».

Il faudra bien reconvertir notre perception des valeurs.

La croissance perdue ne me fait pas peur. Ce qui m’effraie bien plus est la montée des idéologies dogmatiques et religieuses car les guerres idéologiques sont plus meurtrières, plus impitoyables que celles du pouvoir et de l’argent, bien que souvent prétextes à ceux-ci.

Fallait-il être « bête » pour croire que la notion de « posséder » de plus en plus de bien-être matériel et de ce qui relève du corps allait à jamais augmenter le bonheur individuel ?

Ce « conditionnement » profond de notre société vient de ramasser une fameuse raclée.

Les politiques, toujours en retard sur les choix à opérer, devront passer à l’acte et faire autre chose que du «  sauve qui peut »… A nous aussi de les y forcer. Nous voterons aussi l’année qui vient. Et n’allez pas me dire qu’ils sont tous les mêmes.