02/04/2009

La bêtise de la connaissance.

J’avoue ne pas trop savoir où commence et où finit notre bêtise.

Plus j’ai recherché de la connaissance, plus je me suis posé des questions sans trouver réponse.

Si développer notre intelligence, notre connaissance peut nous rapporter éventuellement meilleur boulot, meilleur salaire, meilleur statut social, cela ne peut que rarement nous apporter la solution sur notre être en général et sur des concepts réels de ce qu’est l’homme et le monde. N’est-ce donc pas une bêtise de chercher ce que nous ne pourrons jamais vraiment découvrir et qui semble pourtant fondamental ?

Donner sens à sa vie, à celle de l’humanité n’est-ce pas une simple chimère ?

Nous sommes tous philosophes à notre manière. Souvent j’ai découvert plus de réalité dans un certain bon sens que dans une façon plus rigoureuse de mettre en lumière, d’esquisser, d’argumenter ce qui fonde la relation avec soi-même, avec les autres, avec le monde, voire avec Dieu au singulier ou au pluriel.

Tous, consciemment ou non, nous avons été amenés, en termes simples ou plus élaborés, à nous poser la question de la réalité, de la vérité (dans le jargon philosophique, c’est la métaphysique). Tous, nous nous sommes posés des questions de bien ou de justice (la morale et la politique), comme parfois celle du beau (esthétique, art).

Tous ces thèmes, dit existentiels, m’amènent à dire, avec d’autres meilleurs penseurs que moi, mais aussi avec l’âge et l’expérience que la vraie connaissance n’est pas possible.

Existent-ils une réalité en dehors de nos perceptions subjectives ? Nous voudrions pourtant nous référer à du vrai et trouver des guides objectifs nous y menant. Nous aimerions nous remettre à des certitudes de croyances qui nous rassureraient sur ce que nous sommes, sur ce qui est bien ou mal, sur ce qui est beau ou pas. Bêtise que cela, je crois.

Est-il sans doute plus intelligent d’éveiller seulement notre conscience sur le fait qu’aucune connaissance sur l’être, sur la façon même de connaître ce que nous connaissons, ne met au fond à jour que des problèmes insolubles (des apories).

Cette constatation est la seule vraie critique de la recherche des principes de la pensée et de la connaissance de la réalité.

Mais attention, cette constatation n’implique pas une paralyse de l’esprit, pas plus qu’elle n’entraîne une immoralité. Elle doit, au contraire, renforcer notre démarche interrogative sur le réel. C’est à partir de cette démarche interrogative que naît le progrès du monde, mais aussi notre mieux être. C’est elle qui, au contraire de paralyser l’action la crée. C’est elle qui nous rend plus tolérant, plus humble, plus humain.