29/01/2009

La bêtise de la compétition.

Je ne sais si vous avez remarqué l’épanouissement de notre Justine Hénin depuis qu’elle a abandonné la compétition.

Toute compétition n’est probablement pas mauvaise. Mais je crois qu’ elle est très souvent, comme pour toutes les activités, un moyen de régler des comptes avec des blessures ou plus simplement une fuite devant la solitude que nous ressentons tous dans notre existence.

Que ce soit la compétition sportive ou courir après tous les dieux de la terre, prendre part à des activités, faire de la politique, tenter de combattre la pauvreté ou que sais-je encore, écrire aussi, rien ne pourra supprimer notre solitude fondamentale, même pas celle de nouer des relations intimes avec quelqu’un.

Ce n’est pas dans tout cela que nous trouverons le bonheur.

La vraie compétition, c’est celle avec nous-mêmes. Oh, toutes les autres ne sont pas bêtes, inutiles, si du moins nous avons conscience qu’elles ne sont que des palliatifs à notre souffrance d’être seul.

Le bonheur, il est en nous et il est bien autre que ce sentiment de gagner ou de faire de bonnes actions, ou de la présence d’un compagnon.

L’amour, seule source de vrai bonheur, dès qu’il devient compétition nous ramène de suite à la souffrance .La compétition est souvent signe d’ambition. Il en découle bien des déceptions. La compétition n’est encore qu’un intermédiaire de plus qui fait croire au bonheur.

Ce qui est encore plus bête est que souvent la compétition ravale l’autre à un rang insignifiant.

Pas plus les dieux du stade que les autres ne peuvent être un moyen d’acquérir la paix intérieure. Ils ne restent que des moyens provisoires de faux bonheurs.

Je reviens souvent sur la solitude, car chez moi, je persiste à croire que c’est en elle que réside l’amour vraie, dénué de tout égoïsme, de toute comparaison, de toute compétition.

C’est par elle, que je peux vraiment me mettre à l’écoute de l’autre, être disponible. C’est quand je deviens apte à l’aimer, à l’explorer que je quitte mon isolement et celui qui m’isole de l’autre que je deviens aimant. C’est alors que je suis apte de quitter toutes mes expériences, tout ce qui corrompt et contamine mon esprit pour aller à la véritable rencontre de l’autre. C’est alors que je ne lui demande plus  de venir combler mes vides ; que je ne lui demande plus une voie à suivre.

C’est dans la conscience de ma faiblesse et de ma solitude et sans vouloir les combattre que je deviens fort.

Quand le zéro veut se faire héros, il est incapable d’aimer vraiment.