04/11/2008

La bêtise de la vérité.

Si nous pouvons tenter connaître des êtres, des objets, des choses, jamais nous ne pourrons découvrir l’entière vérité se logeant en eux.

La connaissance même est déjà si difficile ! Saint Exupery avait beau écrire que nous ne voyons bien qu’avec les yeux du cœur, notre vue reste bien limitée.

La connaissance résulte évidemment de la pensée. Ce que nous pensons peut ou non, correspondre à ce qui existe en réalité, du moins à peu près. C’est bien la différence avec cet "à peu près" et la réalité dans sa totalité. La connaissance n’est jamais parfaite. Que connaissons-nous de nos connaissances ? Tu crois connaître ton ami, ton conjoint, ton quartier, mais quand on te demande de le décrire , te voilà déjà très embarrassé…

Une opinion, une croyance ne doit aussi jamais se confondre avec une vérité.

La science elle même n’est pas vérité. Celui qui  en connaît un peu l’histoire sait combien la vérité scientifique a évolué pour aller du moins vrai au plus vrai, mais en laissant toujours place à une évolution plus véridique encore. Méfions-nous du "démontré"!

La raison, pas plus que l’expérience, n’apporte la vérité.

Faut-il alors vivre dans le scepticisme permanent, en ne croyant à rien, en se détachant de toute certitude ?

Je ne le pense pas. Notre noblesse vient de ce que nous devons sans cesse chercher la vérité, jusqu’à ce qu’elle en devienne même une vérité universelle.

Entre ne rien savoir, rester dans l’ignorance et le tout savoir, il y a un immense espace dans lequel nous devons nous inscrire.

C’est à la fois simple mais difficile aussi. Cela demande un minimum de disciple car on ne peut pas penser n’importe quoi, comme nous ne pouvons faire aussi n’importe quoi !

Si tout n’est pas vrai, tout n’est pas faux non plus.

Il y a bien une différence. C’est celle entre l’ignorance et la connaissance.

Nous pouvons tous améliorer nos connaissances. Il suffit de le vouloir vraiment et d’utiliser les outils qui ne manquent pas.

Ne pas se contenter, par exemple, de croire connaître l’actualité dans le monde par une écoute d’un JT qui dure 30 min. Oser lire, se documenter, chercher.

Je suis libre de connaître ou non.

Je n’aime évidemment pas les dogmatiques qui proclament détenir la vérité, souvent dite révélée d’ailleurs. C’est en cela que je me méfie des religions.

Entre ceux qui se disent détenir la vérité et ceux qui disent que rien n’est vrai, je préfère suivre le chemin de l’apprentissage constant et passionnant qu’apporte la recherche.

Je me demande toujours comment des gens peuvent s'ennuier, alors qu'il y a toujours à apprendre et ce en n'importe quoi. 

La bêtise réside autant dans le fait de croire connaître ou détenir la vérité que dans le refus de vouloir la connaître !

24/08/2008

La bêtise de la certitude

Il y a deux citations mises sur ce blog que j’adore, celle d’Aristote : « Le doute est le commencement de la sagesse » et celle de Krishnamurti : «  Ce que je vous demande, c'est d'ouvrir votre esprit, non de croire ».

La bêtise réside bien plus dans la certitude que dans l’interrogation. Le « point barre », expression moderne, ne laisse point place à l’interrogation, mais annule aussi l’exclamation. Or quoi de plus réjouissant que cette exclamation qui fait de nous des être encore étonnants et étonnés.

La croyance est souvent une fausse réponse à nos interrogations, à nos angoisses.

Je sais qu’il n’est sans doute pas facile de vivre sans s’accrocher à des certitudes, que les préjugés peuvent sans doute aider à nous rassurer. Mais, a bien y regarder, en sondant notre intimité intérieure, nous percevons que ce qui nous a été dicté, inspiré, imposé ne peut vraiment satisfaire notre moi profond toujours en recherche d’une réponse qui lui est personnelle. La demande d’ailleurs de conseil rejoint souvent une approbation que nous recherchons bien plus qu’une réponse autre de ce que nous pensons.

La bêtise vient souvent alors de ce que nous avons peur de nous tromper. Belle affaire ! Et alors… Les grandes questions existentielles n’ont jamais trouvé de fondement certain. Méfions-nous de la soi-disant évidence qui consiste en l’adhésion de l’une ou l’autre vérité dite bien connue.

Il n’y a, selon moi et d’autres d’ailleurs, aucune « essence » des choses, aucune loi «  naturelle » ou « morale ».

Ce qui «  saute aux yeux » n’est d’ailleurs pas uniforme et nous voyons combien le regard de l’autre peut être bien différent du mien.

N’excluons jamais donc le doute de nos certitudes. C’est là que se fonderait notre erreur fondamentale.

Il n’y a point de vérité laïque ou religieuse. Toute vérité qui ne vient pas de nous est en quelque sorte un mensonge. Il n’y a point de maître à penser, mais simplement des humains qui peuvent discuter, échanger, d’égal à égal.

Méfions-nous aussi de l’immédiateté, si fréquente de nos jours, dans une société de la satisfaction immédiate !

La certitude est en tout cas très souvent une contrainte qui nous empêche d’être libres.

En tout douter de tout me semble être la seule manière de ne point se tromper.

L’adhésion de l’intelligence à ce qui serait révélé par un « ailleurs » empêche la liberté de pensée. La raison réside aussi dans le doute bien plus que dans la certitude.

Nos seules certitudes sont simplement celles de la vie et celle de la mort. En dehors de cette évidence qui persiste de siècle en siècle, je n’en vois pas vraiment d’autres, sinon en morale l’interdit de l’inceste et de l’anthropophagie.

Mais attention le doute n’empêche pas de se forger des convictions, pourvu que celles-ci admettent celles des autres.

Le chemin de la paix passe par cette acceptation du doute, contrairement à celui de la guerre qui s’emprunte toujours par la certitude qu’un a raison, qu’un a la vérité par rapport à celle de l’autre.

Alors soyons porteurs de paix !