02/08/2008

La bêtise de l'intelligence.

L’ignorance, c’est le bonheur, prétendent certains. Je me demande si ils n’ont pas raison.

La foi du charbonnier ne se préoccupait pas de questions théologiques ou philosophiques. La brave homme adhérait à quelque chose qui lui paraissait intelligent et crédible parce que enseigner par plus intelligent que lui.

Le fan de foot croit à son équipe parce les joueurs ont meilleure vision du terrain et meilleures jambes que lui.

Le naïf travaille pour avoir de l’argent et l’intelligent, tout en s’emmerdant et se stressant, fait travailler l’argent pour lui

Les exemples seraient nombreux. Tout compte fait, le débile a peut-être plus de bonheur en réussissant ce qui nous parait enfantin que le pauvre étudiant universitaire qui sèche ses cours pour avoir des connaissances «  adultes »…

La bêtise de croire et de penser dans le prêt à porter fabriqué par ceux qui s’évertuent à faire fortune sur la connerie humaine n’est pas nécessairement plus malheureuse que l’intelligence trop souvent manipulatrice.

L’intelligence se gagne par un labeur qui ne vaut peut-être pas par son fini la valeur de la bêtise infinie…

Avoir une réponse toute faite sur nos interrogations peut satisfaire et même combler le plus grand nombre d’entre nous. Croire sans comprendre n’offre t-il pas plus de quiétude que de chercher sans jamais trouver ?

L’histoire de notre humanité s’est construite dans une lutte où l’imposition d’une vérité par rapport à une soi-disant autre, a créé les guerres et les conquêtes. Et cela continue.

Au nom des dieux, de Jésus ou d’Allah, au nom de l’humanisme douteux de la colonisation, et maintenant de la défense des droits de l’homme, l’histoire des peuples a vacillé et basculé dans des cultures à dominances toujours économiques. Car ne nous leurrons pas, le dieu argent n’a jamais disparu et le veau d’or, fabriqué lors de l’absence de Moïse au Sinaï, est toujours présent dans tous les peuples.

Rêver d’un monde équitable relève autant de la bêtise que de l’intelligence.

Mais l’intelligence de certains a sans doute fait plus de dégâts que la bêtise de moutons de panurge se sacrifiant au nom d’idéaux et de drapeaux.

Un dicton populaire enseigne aussi que l’amour rend bête. Bêtise bien agréable et heureuse que celle là.

L’intelligence étant aussi minoritaire ne réduit-elle pas le champ relationnel et ne condamne t’elle pas alors le « gros cerveau » à la solitude ?

Remarquons que la bêtise est très souvent bavarde, alors que l’intelligence est bien plus silencieuse. C’est que les lieux communs, les formules toutes faites, les attitudes creuses sont illimitées tandis que l’intelligence se circonscrit dans un espace réduit.

Alors morale de ma petite élucubration : choix de la bêtise plutôt que choix de l’intelligence ?

Je ne serais le porte drapeau d’aucune.

A chacun sa bêtise ou son intelligence. Le tout est sans doute de ne prendre aucune au sérieux et de rester lucide sur les avantages et inconvénients de chacune.