18/06/2009

La bêtise de la liberté.

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Sommes-nous aussi libres que nous le pensons ? Si nous nous sommes libérés de toute une culture judéo-chrétienne, si nous nous sommes battus pour le « il est interdit d’interdire », ne sommes-nous pas tomber sous la domination d’un autre opium du peuple ?

 

Notre culture va mal, très mal. Chaque jour je suis effrayé par ce que véhiculent nos médias : le foot business, le sport spectacle, la téléréalité, les paradis dorés du vedettariat, bref, une explosion du divertissement « ramolisseur » de cerveau.

A cette domination, s’ajoute, dès que vous allumez votre téléviseur ou ouvrez vos journaux, la révélation d’autres explosions : trafics de drogues, contrefaçon, commerce du sexe, des armes, etc.

Nous sommes en droit de nous poser la question si tout cela, loin d’être un choix libre et réfléchi, ne vient pas tout simplement d’une nouvelle forme d’assujettissement résultant d’un système capitaliste et libéral qui a fait de la consommation et de l’argent un nouveau dieu. N’aurait-on pas assujetti le peuple, non plus par la religion lui offrant un paradis dans la vie d’après, mais bien par en lui offrant la possibilité d’un paradis doré accessible ici-bas par l’illusion de sa liberté d’acquérir le plus de biens de consommations possibles ?

Ne s’agirait-il pas là d’une ruse du capitalisme ? Vous me direz que je politise tout ! Je remarque simplement que l’aspiration bien légitime à une meilleure et plus épanouissante individualité, pour laquelle je me suis battu en 68, a été pervertie dans une logique d’individualisme et d’égoïsme soutenue par une logique de consommation et de plaisir immédiat. Se saisissant de l’ambition individuelle à évoluer, à avoir une place dans la hiérarchie sociale, les systèmes libéraux ont mis en pièce la solidarité de classes.

Est-ce cela qui m’a fait voter PTB+ ? Est-ce le besoin du réveil nécessaire de citoyens exploités économiquement, dominés politiquement, influencés idéologiquement et conditionnés dans leur vie quotidienne qui a fait renaître en moi le sens révolutionnaire ?

L’actualité politique dans le jeu des alliances des partis ne me rassure pas. Le citoyen n’a pas tort de voir dans le jeu électoral une nouvelle forme de ruse démocratique. Je le constate chez écolo. Je croyais bien plus au mouvement qu’il représentait lors de sa création. J’y crois moins dans son jeu électoral du politiquement correct qui deviendra vite du politiquement inutile !

Pour moi, il est temps de revoir le combat social, culturel et économique sur un autre plan qu’institutionnel. Faire le choix d’écolo de vouloir aller au gouvernement risque d’être un piège.

Je n’ai pas la solution. Je sais simplement que le pouvoir corrompt tout idéal. Nous le voyons encore aujourd’hui dans les affaires qui frappent le PS.

Revoir la démocratie, ce n’est pas seulement revoir l’éthique des partis et la bonne gouvernance, c’est revoir surtout la question du lien entre mouvement social et expression politique par le suffrage universel.

 

06/01/2009

La bêtise de l'idéal.

Qui n’a pas d’idéal dans la vie ? Qui ne cherche à se réaliser à travers la famille, la profession, l’argent, la célébrité, le service à l’autre, l’amour, etc.

A y bien réfléchir, demandons-nous, comme je lisais chez cet écrivain philosophe Krisnamurti que j’adore : quand prenons- nous conscience de notre recherche d’idéal ?

La réponse me parait tellement vrai et juste : quand nous éprouvons un sentiment de solitude, de néant, d’impression de n’être rien, de vide, de manque de reconnaissance.

Ainsi, la soif de réalisation d’idéaux est une tentative d’échapper à ce que nous nommons la solitude.

C’est là que réside la bêtise.

Qu’on l’accepte ou pas, le moi est toujours seul. Oh, nous pouvons atténuer ce sentiment de solitude par la sensation d’atteindre un objectif, en éprouvant certaines sensations, mais le processus de l’insatisfaction et du vide se remettra vite en route.

Bien difficile de gommer la douleur que nous éprouvons en nous sentant seul. Que faire alors ?  En tout cas perdre l’illusion que nous pouvons y échapper.

Plutôt que de nous identifier à des modèles, à des identifications faire un face à face et nous mettre en communion avec notre solitude.

Oui, cette solitude est bien en moi et n’a pas d’échappatoire. Elle n’est cependant pas aussi dramatique que nous ne pensions en voulant y échapper. Ce qui est dramatique et nous fait souffrir n’est au fond que notre désir d’y échapper. La subtilité est d’une importance capitale entre le sentiment de solitude et l’état de solitude.  Vécue comme un sentiment notre solitude divise, jalouse, contrairement à l’état.

Si j’observe ma souffrance, je ne la guéris pas et elle ne connaîtra pas de fin.

Ne cherchons donc pas à en être l’observateur mais intégrons sa perception dans ce qu’elle a d’inéluctable pour nous en faire une amie.

Osons alors l’aborder sans préjugés, sans les barrières de conditionnements, sans condamnation ou répulsion, de la manière dont nous abordons quelqu’un pour être en communion avec lui, en l’aimant vraiment.

La bêtise est de situer la solitude en dehors de nous.  Notre relation avec elle est alors faussée.

Il en va de même avec nos idéaux. Nous entretenons avec eux une fausse relation. Nous les situons en dehors de nous. L’amour est en nous, comme la solitude. Et si l’amour nous fait souffrir, c’est que nous le situons en dehors de nous. Nous nous en faisons une idée toute teintée de conditionnements, d’identifications, de sensations. Cherchons le en nous et pas en dehors de nous.

Tout ceci peut paraître n’être que des mots ou du mental. Je ne le crois pas et vous souhaite, au-delàd’eux, d’en faire une véritable expérience pour vraiment comprendre que les idéaux, aussi nobles soient-ils, sont illusions, fuite de soi, fuite de solitude, tandis que l’acceptation de la solitude et l’esprit qui ne cherche rien, ne court pas à la reconnaissance, n’élude pas la souffrance trouve communion, amour, quiétude, plénitude et nous donne le bon amour de nous et des autres.