22/09/2008

La bêtise de l'argent

Il serait évidemment bête de nier la nécessité d’argent pour répondre à nos besoins.

Mais faudrait-il encore dresser l’inventaire de nos besoins et ne point les mettre tous dans le même sac.

Les principaux sont sans doute ceux liés à des exigences naturelles : nourriture, logement, habillement. Encore faudrait-il relativiser car entre viande rouge et saucisse, eau du robinet et Vittel, entre vêtements du marché ou grandes marques, il y a pas mal de différences !

Mon propos n’est évidemment pas de retourner vers une société d’autosubsistance.

A chacun de dresser la liste de ses besoins.
La question que je me pose simplement est celle de savoir si nos besoins ne deviennent pas ou ne sont pas de plus en plus guidés, non par notre choix, mais par la technicité complexe d’une économie dite de marché où la consommation est vue comme reine du bonheur, alors qu’à bien y regarder elle est source permanente d’insatisfaction et de frustration.

Le nécessaire a des limites, le superflu n’en n’a jamais.

L’ingéniosité des hommes pour faire du profit  est, elle aussi, sans limite.

Nous nous plaignons des prix comme de nos politiciens. Mais ainsi que nous allons voter pour influer sur le choix de l’une ou de l’autre politique, ainsi nous votons, mais là chaque jour, sans savoir que ce que nous achetons influe aussi le type de commerce et de marchandises que nous voulons !

Nous nous lamentons de même sur la pollution en prétextant évidemment que l’autre pollue plus que moi…

La bêtise n’est sans doute pas dans l’argent lui-même qui depuis des siècles est une monnaie d’échange utile, mais bien dans la façon que nous le dépensons.

Pouvoir d’achat ! Nous n’entendons plus parler que de cela. Diminution du pouvoir d’achat ! Faut bien voir pour qui. Ceux qui s’en plaignent ont un ordinateur qui est moins cher aujourd’hui que hier, une machine à lessiver que ma mère n’aurait pu jamais acheter qu’après bien plus d’heures de travail qu’aujourd’hui, une voiture qui demandait des années de boulot. Le pouvoir d’achat ne baise, en fait, que pour ceux qui ont un minimum de revenus pour faire face aux besoins élémentaires dont je parlais.

Ce sont les prix des marchandises de première nécessité qui augmentent. Pour le reste les diminutions compensent les augmentations. Celui qui a de bons revenus n’a juste qu’à mieux réorienter ses choix pour continuer à vivre sans subir la hausse des produits essentiels.

La bêtise de l’argent est aussi de considérer comme besoin indispensable nos envies et désirs non prioritaires.

En cherchant bien, celui qui a la passion de se cultiver, trouvera bien des choses intéressantes sans gros frais, tout comme d’ailleurs des loisirs.

Et pour conclure, n’oublions jamais que le besoin d’amour n’est pas monnayable, celui de l’amitié non plus, pas plus que celui de nous faire bon compagnon pour nous-mêmes.