18/11/2008

La bêtise de l'alcool.

Qui n’a connu ou ne connaît dans sa famille, dans son entourage direct, l’une ou l’autre personne atteinte de cette maladie universelle qu’est l’alcoolisme ?

Je l’ai connu dans ma famille et le connais à nouveau à propos du frère d’un ami.

Pas simple de déterminer la cause qui pousse à abuser et à devenir dépendant de ce poison.

Les motifs qui poussent à boire sont multiples : problèmes affectifs, psychologiques ; solitude, mésentente, boulot, etc. Mais qui ne connaît aucun de ses problèmes dans l’existence ?

Personne n’est épargné d’épreuves et pourtant tous ne se tournent pas vers l’alcool.

Ce que je sais, par contre, c’est qu’une fois la dépendance présente, je n’ai jamais vu un seul s’en sortir sans une abstinence totale, un peu comme avec le tabac. Il n’y a aucune autre alternative possible. Rétablir une consommation naturelle reste hélas impossible.

La bêtise réside dans le fait de ne pas admettre ce mécanisme terrible.

Mais quand devient-on alcoolique dépendant ? Je crois que c’est au moment où il faut de la volonté pour s’arrêter. C’est le signe bien connu des spécialistes pour affirmer qu’à ce moment la dépendance est bien là. A ce moment la juste régulation de la consommation devient irréalisable.

Nous savons tous combien alors l’aide à apporter devient complexe, compliquée. Pas facile de garder espoir pour une « guérison ».Pourtant, bien des personnes en sortent.

Vrai qu’il n’est pas simple non plus de parler de cette dépendance. Quand la personne ne recherche plus l’alcool pour accompagner un repas, trinquer pour une fête mais bien uniquement parce que son corps lui réclame et qu’elle ne peut plus lui désobéir ; elle est tentée alors de le cacher. Elle-même a souvent bien conscience des blocages et de ce qui la place de plus en plus loin des autres. A partir de là s’installe la solitude et le secret qui finissent tous deux par s’imposer, engendrant dans le même temps le mensonge.

S’arrêter seul, j’en ai connu très peu qui ont réussi.

J’avoue qu’écouter quelqu’un qui boit, surtout quelqu’un en état d’ivresse constant, relève d’une générosité d’esprit et de cœur que bien souvent je n’ai pas.

Il est pourtant bon pour ces « malades » de se confier. Je crois pourtant plus par exemple à l’écoute d’amis et mieux encore de professionnels qu’à celle de la famille. Une écoute sans jugement, sans attitude culpabilisante n’est pas aisée.  L’impuissance de la parole, voilà souvent la bêtise, dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres. Et dans cette maladie, c’est probablement ce trouble du langage, que ce soit du « malade » ou de son entourage, qui fait le plus mal chez tout le monde.