27/10/2009

La bêtise d'halloween.

halloween
Je ne veux certainement pas nier la nécessité et des signes et des fêtes. Nous en avons certainement besoin pour rythmer, comme les saisons, notre temps. Mais faudrait-il encore que ces rites et fêtes correspondent à autre chose qu’à une récupération commerciale, légitime bien sûr.

Les sorcières et masques à frayeur, ce folklore remplaçant aujourd’hui les rites religieux de mon enfance  lors de la fête de la toussaint et celle des morts me parait aussi vide que les citrouilles creusées et éclairées. Il n’y a là aucune référence réelle au passé, à l’enracinement familial et culturel, comme l’était le rendez-vous devant les tombes qui nous faisait découvrir nos ancêtres et la dure réalité de la mort.

Qu’y a-t-il dans cette fête d’halloween ? Pas grand-chose, me semble t’il, sinon un jeu d’enfant et un aspect ludique. Cette fête revenue en boomerang des USA en Europe puisqu’à l’origine fête celtique du Samhaim , reprise par la tradition chrétienne reste pourtant un symbole important de notre humanité partagée entre ombre et lumière.

Nous sommes au début de l’hiver et si les récoltes et vendanges ont moins d’importance aujourd’hui, nous voyons les temps de soleil se raccourcir et attendons souvent qu’un nouveau cycle de saisons revienne. Ombre et lumière.  Temps de vie et de mort.

Les Celtes, avec leurs traditions, leurs bardes, leurs divinités, leurs mythes et rites redevenus connus par Astérix, croyaient en une vie après la mort. Ah la mort ! Notre société semble bien vouloir la masquer de plus en plus, la cacher à tout prix. Nous ne voulons plus que surfer sur sa réalité.

Contrairement à la Toussaint et à la fête des morts, Halloween n’est qu’un pâle résidu des grandes interrogations sur notre rapport avec la mort, avec le cosmos, avec les secrets du temps.

Mon esprit contemporain, bien plus rationnel sans doute, ne m’empêche pas ces interrogations, heureux que je suis d’être né dans une religion et ne voulant point cependant y mourir ! Le recul des croyances me semble un progrès, mais pas celui qu’est la négation de notre finitude.

Nous avons tous en nous une part d’ombre et de lumière. Est-ce probablement pour cela que nous tentons de conjurer notre peur du noir, de la mort, des esprits maléfiques qui viendraient troubler nos espérances. Nous sommes de grands refoulés et c’est sans doute pour cela que nous tentons de conjurer nos peurs. Voilà bien une donnée universelle et éternelle. Les décors, les costumes de sorcières et de squelettes ne sont au fond qu’une façon de conjurer, consciemment ou inconsciemment, la peur des mauvais esprits et de la mort.

Halloween serait fête intéressante et utile, si elle ne se contentait pas d’être une simple et unique récupération commerciale.

Espérons que la bougie allumée au centre de la citrouille éclaire mieux l’origine de nos angoisses et de nos peurs ; que nous retrouvions mieux aussi le sens des saisons, perdus que nous sommes dans nos grandes surfaces qui offrent tout en tout temps et nous font oublier la valeur des produits de la terre.

Que cette fête nous fasse aussi penser à tous ceux qui nous ont précédé dans la chaîne humaine où chaque maillon à compter par l'amour reçu et donné.

Bonne fête d’halloween donc !