15/10/2008

La bêtise animale.

Loin de moi l’idée de prétendre que les animaux n’ont  aucune intelligence. J’ai été accompagné toute ma vie par des chiens et de chats auxquels je me suis attaché.

Mais si l’animal n’avait pas été domestiqué, serait-il ce fidèle compagnon répondant à nos attentes et envies ?

Je me pose parfois la question de savoir si l’humanisation de l’animal dans nos sociétés n’est pas exagérée. Ainsi, j’étais frappé de voir le succès des cimetières d’animaux. Je n’ai rien contre. A vrai dire, l’homme depuis des millénaires est le seul «  animal » à avoir une conscience de la mort ; le seul à prendre soin des corps de morts. Ce souci n’a aucun équivalent dans le monde animal. Le cimetière des éléphants reste une légende. Et même si l’animal peut pressentir la mort, nous n’en avons jamais vu s’occuper de manière réglée du corps défunt de leurs congénères.

Il en résulte que nos questions humaines métaphysiques n’atteignent certainement pas le monde animal.

Nous serons bientôt à la Toussaint. Voilà qui prête à réflexion sur le fait que notre pensée, contrairement à celle de l’animal, connaît mieux le passé par la mémoire et le futur par l’imagination.

Nous avons beau tenter de rendre l’animal moins « bête », nous ne pourrons jamais lui donner une pensée qui sait se représenter la vie et la mort. Nous ne pourrons jamais faire de lui un artiste, un philosophe, un écrivain… Bref nous ne pourrons jamais en faire un humain.

Si l’intelligence reste quelque chose d’abstrait, nous pouvons cependant la fixer dans des activités que l’animal ne peut faire. Ne prenons que l’intelligence de la main. Aucun animal n’est parvenu à se créer des outils, considérés au départ comme des espèces de prothèses pour mieux chasser, mieux polir, mieux fixer ou déplacer.

La patte de l’animal ne pourra non plus jamais caresser comme celle de l’homme.

L’animal mérite l’attention humaine. Il mérite que nous nous en occupions avec soin, sans cruauté. Il ne faudrait cependant pas à force de le domestiquer et l’humaniser en faire notre égal, pas plus que notre esclave.