26/04/2012

La bêtise le l'islamophobie.

Si l’idéologie de l’islamisme radical et du djihad est l'équivalent du fascisme et du nazisme, nous ne la combattrons certainement pas par les mêmes méthodes, mais nous l’amplifierons. Essayons plutôt de favoriser un Islam des lumières, capable d’offrir des réponses nouvelles ou créatives pour le bénéfice de l’humanité et pour ses adeptes. Ce qu’il faut combattre est l’arriération intellectuelle, l’immobilisme économique et social, le blocage sur les plans religieux et politiques. Ce sont les causes principales de la catastrophe appréhendée par certains. Plutôt qu’un anti-islamisme primaire, soutenons ceux qui luttent pour des structures économiques assurant un réel développement, pour un système éducatif efficace, pour un développement de la créativité intellectuelle, car c’est bien cela qui favorisera la fragilisation du monde islamique. Nous en avons un exemple avec la chute du catholicisme intégriste. Agir autrement n’est-ce pas renforcer une religion et une culture qui restent encore trop fermées, voire complètement hostiles à la culture occidentale qu’elles qualifient et accusent d’être « infidèle »? Plutôt qu’une lutte reprenant un peu les mêmes armes que les leurs, ne serait-il pas plus utile et efficace de mettre en avant nos progrès dans des domaines scientifiques, médicaux, technologique dont les musulmans de chez nous d’ailleurs jouissent ? Peut-être alors que les radicaux comprendront que plutôt que d’être un poids mort dans le train de la modernité, ils doivent évoluer et réformer l’Islam, revoir et critiquer un coran ? Nous avons aussi désacralisé notre bible alors que nos curés croyaient qu’elle était valable pour tous les temps et tous les peuples. Les chrétiens, eux aussi, se sont crus les meilleurs de l’humanité.

L’islamophobie ne favorisera jamais la prise de conscience d’une arriération d’une charia qui stérilise les esprits, divise las croyants et « infidèles ». Elle risque, au contraire, de renforcer ses interdits, ses démons, ses complexes.

Les solutions à la « Le Pen » ne seront pas magiques et ne feront que renforcer une confrontation néfaste. Le vrai dialogue, sans tabous et sans naïveté, reste pour moi, la seule voie possible.

 

09:41 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

23/04/2012

Ce que je pense du 1er tour des élections françaises.

 

Sarkozy a perdu le premier tour et perdra, sauf grande surprise, le deuxième. Au-delà du personnage, je crois que l’électeur le juge essentiellement sur son bilan et c’est bien ainsi. Mon précédent post prévoyait une éventuelle surprise venant de Le Pen ou de Mélanchon. Elle vient donc principalement de Le Pen. Il faut donc reconnaître qu’elle a gagné sans pourtant sous-estimer la percée remarquable de Mélanchon qui avait visé dès le départ le pari d’un score à 2 chiffres. Il l’a. Le Pen a pu, plus que lui, se baser sur parti déjà bien organisé et implanté depuis 30 ans. Elle a profité de la vague des sentiments d’insécurité et de l’immigration. Réalité ou pas, il faudra en tenir compte, sans tomber dans le sécuritaire ou le racisme. Mélanchon a, lui aussi, gagné sur l’influence qu’il aura pour une gauche plus radicale que celle  du socialisme socio-démocrate-libéral. Il a gagné mais, il faut le reconnaître, dans une moindre mesure que Le Pen. Le Pen et Mélanchon sont deux tribuns populaires. L’une se base sur des classiques bien connus, l’autre sur une alternative dont une majorité n’est pas encore convaincue. Il y a d’un côté l’exaltation de l’égoïsme, du repli sur soi, de la peur, du nationalisme et de l’autre l’utopie de l’égalité et de la justice sociale. Le Pen réussit mieux que Mélanchon et hélas parait plus crédible pour les classes modestes françaises qui souffrent, elle parle leur langage avec ses tirades contre les immigrés et les élites.

Je préfère évidemment l'utopie, source de changement, à la flatterie des sentiments bas... 

Voilà pour moi ce que je pense de ce premier tour. Au deuxième, si j’étais Français, je voterai évidemment Hollande, mais sans grande conviction. Je crois que  Sarkozy ne gagnera pas au deuxième tour car ne réussira pas à draguer à la fois les voix de l'extrême-droite et du centre. Ce qu’il gagnerait d’un côté, il le perdrait de l’autre. Mais c’est un stratège habile qui pourrait faire mentir l’arithmétique politique! 

08:23 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

21/04/2012

à propos de l'élection présidentielle en France.

Toujours passionné de politique, j’ai suivi avec attention, voire passion, la campagne présidentielle. Comme souvent, les vrais débats de fond n’ont pas souvent été abordés. On peut se demander sur quoi va reposer réellement le choix d’une grande majorité des électeurs. Il a, bien sûr, un anti-sarkozysme qui profitera principalement à Hollande et à Le Pen. Il y a la surprise Mélanchon qui ira prendre des voix chez des abstentionnistes, chez des socialistes déçus par le flou des propositions de Hollande et chez Marine Le Pen par des partisans de thèses qui donnent parfois l’image que des extrêmes peuvent se rejoindre. Si les jeux semblent faits, la surprise pourrait venir de Le Pen ou même de Mélanchon. Le centrisme de Bayrou n’aura, une nouvelle fois, guère de succès.

Avouons que la politique est devenue d’une complexité inouïe. Cela n’est probablement pas un hasard. Elle favorise ainsi la mainmise de ceux qui sont sensés la connaître, c’est-à-dire d’un petit nombre, sur le Pouvoir. Aux électeurs de leur faire confiance. Des électeurs qui se perdent dans la technicité des vrais débats et se rabattent sur les petites phrases assassines des uns et des autres ou encore sur d’autres anecdotes ou images de type « people ». Mais n’est-ce pas, hélas, une condition fondamentale de la politique que de se dérouler dans l’apparence ?

Combien de fois n’ai-je pas entendu que Sarkozy avait bien plus une image de « président », de « chef » que Hollande ! Peut-être, mais oublient t’ils que ce président a fortement contribué à mettre à genoux le système de santé français et la destruction de la sécurité sociale solidaire qui avait été ( on l’oublie) largement entamée par Chirac. Le système libéral, sous couvert de sauver la Sécu, la métamorphose en utilisant le management du privé.

De manière plus générale, je me pose la question de savoir si la démocratie dont tout le monde se targue existe encore. Le peuple n’a-t-il pas céder son pouvoir, son action aux mains de diverses petites communautés scientifiques (juristes, politistes, sociologues, économistes, mais aussi bien d’autres sciences cognitives) ?

Que faire quand on fait les comptes des déconvenues de la politique ? En tout cas, ne pas se laisser aller à des commentaires mélancoliques et impuissants, du style : « tous des pourris ou on ne peut de toute façon rien y faire » ! Le choix entre la condamnation parce que la politique n’a que foutre du catalogue des valeurs qu’elle prétend revendiquer ou celui du simple cynisme n’est pas le bon.

Je fais le choix, comme bien d’autres : résistance au pouvoir et à ceux qui n’ont d’autre politique que de le conserver. Autant rechercher un bouleversement pour imposer un «pouvoir des sans-pouvoir ».

Voilà pourquoi, si j’étais français je voterais au premier tour pour Mélanchon.  Pour agir en politique, il faut intégrer sa complexité et l’assumer. Son programme le fait. Mais il y plus encore, il faut surtout inscrire son action politique, telle qu’en tout cas je l’entends aujourd’hui encore, dans une lutte de pouvoir et donc dans une lutte des classes !

09:24 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |