21/04/2012

à propos de l'élection présidentielle en France.

Toujours passionné de politique, j’ai suivi avec attention, voire passion, la campagne présidentielle. Comme souvent, les vrais débats de fond n’ont pas souvent été abordés. On peut se demander sur quoi va reposer réellement le choix d’une grande majorité des électeurs. Il a, bien sûr, un anti-sarkozysme qui profitera principalement à Hollande et à Le Pen. Il y a la surprise Mélanchon qui ira prendre des voix chez des abstentionnistes, chez des socialistes déçus par le flou des propositions de Hollande et chez Marine Le Pen par des partisans de thèses qui donnent parfois l’image que des extrêmes peuvent se rejoindre. Si les jeux semblent faits, la surprise pourrait venir de Le Pen ou même de Mélanchon. Le centrisme de Bayrou n’aura, une nouvelle fois, guère de succès.

Avouons que la politique est devenue d’une complexité inouïe. Cela n’est probablement pas un hasard. Elle favorise ainsi la mainmise de ceux qui sont sensés la connaître, c’est-à-dire d’un petit nombre, sur le Pouvoir. Aux électeurs de leur faire confiance. Des électeurs qui se perdent dans la technicité des vrais débats et se rabattent sur les petites phrases assassines des uns et des autres ou encore sur d’autres anecdotes ou images de type « people ». Mais n’est-ce pas, hélas, une condition fondamentale de la politique que de se dérouler dans l’apparence ?

Combien de fois n’ai-je pas entendu que Sarkozy avait bien plus une image de « président », de « chef » que Hollande ! Peut-être, mais oublient t’ils que ce président a fortement contribué à mettre à genoux le système de santé français et la destruction de la sécurité sociale solidaire qui avait été ( on l’oublie) largement entamée par Chirac. Le système libéral, sous couvert de sauver la Sécu, la métamorphose en utilisant le management du privé.

De manière plus générale, je me pose la question de savoir si la démocratie dont tout le monde se targue existe encore. Le peuple n’a-t-il pas céder son pouvoir, son action aux mains de diverses petites communautés scientifiques (juristes, politistes, sociologues, économistes, mais aussi bien d’autres sciences cognitives) ?

Que faire quand on fait les comptes des déconvenues de la politique ? En tout cas, ne pas se laisser aller à des commentaires mélancoliques et impuissants, du style : « tous des pourris ou on ne peut de toute façon rien y faire » ! Le choix entre la condamnation parce que la politique n’a que foutre du catalogue des valeurs qu’elle prétend revendiquer ou celui du simple cynisme n’est pas le bon.

Je fais le choix, comme bien d’autres : résistance au pouvoir et à ceux qui n’ont d’autre politique que de le conserver. Autant rechercher un bouleversement pour imposer un «pouvoir des sans-pouvoir ».

Voilà pourquoi, si j’étais français je voterais au premier tour pour Mélanchon.  Pour agir en politique, il faut intégrer sa complexité et l’assumer. Son programme le fait. Mais il y plus encore, il faut surtout inscrire son action politique, telle qu’en tout cas je l’entends aujourd’hui encore, dans une lutte de pouvoir et donc dans une lutte des classes !

09:24 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Dans l'ensemble, je suis tout à fait d'accord avec toi. J'irais même dans ton sens en relevant un ou deux propos. J'entends souvent cette théorie: les extrêmes se rejoignent. Je m'inscris en faux contre cette assertion: la droite n'aime pas la gauche, la gauche n'aime pas la droite, ok, mais la droite est raciste, xénophobe, antisémite (homophobe et j'en passe), la gauche, non. Donc, je serais française, je n'irais pas à la pêche (comme le dit quelqu'un que je connais), mais je voterais sans doute plus à gauche encore que toi (bien que je trouve qu'il y a pas mal d'utopie dans les propositions de la gauche, mais dans la vie et dans la société, il faut de l'utopie).

La seule chose qui déforce la gauche, c'est que la gauche européenne, jusque fin des années 80, pouvait s'appuyer sur l'existence d'un bloc socialiste à l'est (même si on peut en discuter). Toutefois, maintenant, il n'y a plus de bloc du tout, c'est la débandade, la course à un capitalisme encore plus monstrueux que ce qu'on a toujours connu, une dérégulation totale,

et je comprends aussi les + défavorisés des Italiens qui se suicident en masse, même si ce n'est pas la solution, je crois qu'il y a là un désespoir social qui va pousser beaucoup de gens à ça, et je ne sais pas comment réagiront les dirigeants. Je ne sais pas si c'est de la paranoïa, mais je me dis que quelque part, ça les arrangera bien ...

Écrit par : Pivoine | 21/04/2012

Tout à fait d'accord avec toi, y compris sur" les extrêmes se rejoignen"t. A ce propos, je voulais exprimer une certaine convergence dans une forme dite "populiste" mais bien évidemment avec une différence de fond comme tu le soulignes. Bien amicalement.

Écrit par : mik | 21/04/2012

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