01/02/2010

La bêtise du retour attendu.

attente
Le Philosophe ALAIN écrivait : « Fais ce que tu dois et n’attends jamais rien en retour. Si quelque chose vient, accueille-le comme un cadeau ». Encore faut-il évidemment faire ce qu’on doit, ce qui n’est pas évident ! Il m’a fallu en tout cas beaucoup de temps pour intégrer cette espèce de règle de vie et en être heureux. J’avais souvent fait plaisir, été gentil, serviable, aimant, avec sans doute, ce qui me semblait bien humain, une espérance de retour. N’étais-je pas alors une espèce d’homme de commerce ? L’expérience aidant et surtout les échecs de non -retour et la souffrance qui les entoure m’ont fait changer mon fusil d’épaule. Je crois avoir compris et pratiquer au mieux, depuis quelque temps, la non réciprocité attendue. Je fais plaisir sans plus attendre en retour. Cela ne m’empêche pas d’apprécier comme un vrai cadeau le plaisir, l’amour ou l’amitié quand ils me reviennent !

Sur le plan familial, je vis parfois la souffrance de ce non retour, m’en attriste sans pour autant que cela me mène à la dépression, à la culpabilisation. La réciproque n’est plus mon affaire. Sans refuser la main tendue, je vis ma vie. Tant mieux si l’entente revient, mais elle viendra comme de surcroît et non plus comme quelque chose de vitale. Il y va finalement de l’intégrité et du respect de l’autre, autant que de la mienne.

Je me place le moins possible dans une attitude d’attente et je m’en sens bien. Dire que je ne tombe plus jamais dans ce piège serait évidemment mentir. Difficile de ne rien vraiment attendre ! Un petit coup de téléphone, un mot gentil, une petite visite, tout cela fait toujours du bien. Je ne cours cependant plus après. J’ai, me semble t’il, exprimer clairement mes attentes et je laisse maintenant à l’autre la liberté d’y répondre ou pas. Je ne mets plus mon épanouissement en danger par l’attente. Mes besoins d’amour, de sécurité, de reconnaissance, de respect, je les puise en moi et dans des valeurs qui ne me sont plus dictées par toutes les pressions éducatives, sociales, culturelles et autres que j’ai souvent subies !  C’est ainsi que je me sens libre et heureux. Tant pis si cela choque, si on me trouve égoïste. Tant pis si certains veulent me faire payer ce bonheur enfin acquis mais toujours fragile. C’est sans doute une espèce de grande cohérence avec moi-même qui a fait que même dans des circonstances pénibles, difficiles, j’ai pu rester debout. Ce n’est pas demain que je me courberai pour répondre à l’attente de ceux  qui n’acceptent pas mes « défauts », alors qu’ils exigent  que j’accepte les leurs !

J’ai beaucoup trop vécu aussi là où la valeur d’échelon social était liée à l’argent, à en oublier d’ailleurs la valeur fondamentale de l’amour. J’ai donc connu combien le vide intérieur causé par l’attente de « retour » trouvait fausse compensation dans une forme d’abondance matérielle.

Voilà pour la petite confession toute personnelle de ma bêtise ou de mon intelligence !!!

 

Commentaires

pas si bête que ça ! jusqu'ici je n'ai jamais attendu un retour en amitié car le retour se fait naturellement. Idem en ce qui concerne la famille.
En amour c'est une autre histoire et je pense que je vais opter pour ta philosophie, car on s'en prend bien plus souvent plein la gueule qu'autre chose.

La non réciprocité existe et il faut l'accepter comme tout autre échec dans la vie.

Mais ce n'est pas toujours la non réciprocité qui mal..c'est parfois le retour auquel on ne s'attendait pas du tout !!!
Mais je me comprend ici...
bonne fin de w-e Mik et à bientôt j'espère
bizz :))

Écrit par : jojo | 03/02/2010

Passé tôt matin, je t'ai lu passionnément, plus longuement que d'habitude donc.
J'ai pris le temps d'attendre pour t'écrire mon com. car te sentant blessé, je n'ai pas droit à mes conneries habituelles.
Donc nous te dirons, Mireille et moi, que tu es tel un arbre qui s'élève à côté d'un verger. Naturel sinon sauvage, jadis élagué mais pas domestiqué. Tu as porté et nourri des fruits qui s'en sont allés gavés, protégés tant que tu l'as pu, ne fût-ce que par ton ombre bienveillante.
Mais voilà, tu t'inquiètes d'eux? Tu as mal pour eux?
Ils ont choisi la domesticité et critiquent tes frémissements qui continuent, eux, à protéger, émanciper et embellir celles et ceux qui sont à la recherche d'une corélation généreuse, non-égo-centrique donc.
Tu as fait naître notre Amitié, comme tu le fais pour d'autres sentiments ou relations, pour d'autres personnes sans condition, exclusive ni privilège.
Cher Arbre, demeure bien enraciné là où tu es et tel que tu es, et fleuris aussi un peu à droite, tu es un rien dégarni de ce côté là.
Bises confuses...

Écrit par : Mireille&Pat. | 03/02/2010

COMMENT VA ??? UN COUCOU EN PASSANT PAR CHEZ TOI
ICI TOUT VA ALF EN ALF
GROS BISOUS

Écrit par : ANDORA | 03/02/2010

bonjour Mik non ça ne choque pas du tout
il faut vivre sa vie comme on l'entend, on ne peut pas plaire à tous même si c'est la famille,
les choses s'arrangent bien souvent toutes seules sans s'y attendre comme ça paf ..
on n'a qu'une vie et autant la passer le mieux possible et bannir, chasser les choses qui font mal, elles ne servent à rien

bises Mik et bon week-end

Écrit par : nays | 06/02/2010

D'habitude la critique est contre les autres pour évoquer un malaise générale. Ici elle est canalisé vers un retour de soi. Oui, allez vers les autres n'est pas facile (mieux chez soi, prendre le temps, accepter,...)
Il faut aussi avoir du courage pour dire que la bétise des autres est sciante mais qu'elle nous manque quand elle ne vient plus.
J'espère avoir dit une belle connerie afin de faire redémarrer la machine.
S'lut Nicolas

Écrit par : nicolas | 15/03/2010

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