17/07/2009

La bêtise du métier politique.

gouvernement wallon
Le jeu des chaises musicales vient donc de se terminer. Vous aurez, comme moi, constater que cette tournante aura pris nettement moins de temps que celui des négociations sur les programmes. Le choix des femmes et hommes à nommer comme ministres et les compétences à leur attribuer se fait sous la toute puissance des présidents de partis, à l’exception d’Ecolo dont le choix dépend d’un vote des affiliés. Les ambitieux ont donc avantage à bien chérir les présidents qui arbitrent, selon des critères subtiles de territoires, de succès électoraux et (un peu) de compétences, les ambitions des uns et des autres et sont obligés de laisser certains sur le carreau. Ceux-là en sortent meurtris, avec bien souvent des envies revanchardes bien cachées qui ressurgissent des années après !

Le monde politique est une jungle cruelle et ne faut-il pas être un peu fou pour sacrifier au goût du pouvoir et des honneurs sa vie familiale et une partie de sa santé ? Exercer le pouvoir vous enlève beaucoup d’humanité. Il y a bien entendu l’argent. Le salaire est pas mal et bien des avantages financiers, y compris une bonne pension. Mais la majorité des ministres auraient pu faire carrière dans le secteur privé, avec à la clé les mêmes rémunérations, voire de plus avantageuses. Il y a surtout, je crois, une espèce d’engrenage dans la fonction politique, une forme de passion pour jouer sur la scène publique, un peu comme celle de l’artiste, avec sa part de narcissisme, de risques, de montées d’adrénaline. Il y a le décor et l’arrière du décor. Il y a tout le jeu des alliances et amitiés et l’éternelle solitude. Et si le sens du service peut être à la base d’un engagement, celui-ci s’efface vite dans les dédales des stratégies à mener pour exercer un pouvoir qui devient vite relatif et doit s’en remettre à des éminences grises que nous voyons peu et qui pourtant en détiennent les vrais clés.

La polyvalence de nos ministres pose question. Comment passer de l’agriculture à la culture, de la santé au budget, de la justice à la défense nationale, etc. ? Pas de miracles. Le gros travail est fait par des collaborateurs choisis comme spécialistes des matières à traiter. Le vrai ministre est d’ailleurs souvent le chef de cabinet (fonction souvent exercée par de nombreux ministres). Le ministre doit surtout avoir quelques qualités indispensables : le sens de la synthèse, de l’arbitrage, du discours  (bien parler de ce qu’il connait peu) et une très bonne santé (résister à des horaires fous et à des déplacements perpétuels pour réunions ou inaugurations). Il devient vite une marionnette à qui on passe les dossiers super bien préparés, les discours à prononcer, etc. A lui de bien s’entourer et de bien contrôler le travail  qui se fait en accord avec la vision de ce que défend son parti ou que celui-ci devra défendre en fonction du moment et des opportunités. Difficile métier ! Métier aussi à hauts risques, les gaffes se paient chers, même si (à condition d’avoir un large électorat) le parti vous offrira un poste de consolation…

Le casting auquel nous venons d’assister relève de plus haute stratégie dont Di Rupo est passé grand maître. Il est parvenu à se débarrasser de matières peu populaires ou casse-gueules (budget, finances, emploi, enseignement). Milquet, soucieuse de redorer l’image d’un parti qui ose la responsabilité, a relevé le pari. Javeaux a opté naturellement pour les matières à forte densité écologiques. Question des ministres, l’habile Elio à pu recaser l’incontournable « papa » et apporter du sang neuf à la région ; Milquet a sauvé ses favoris à l’exception de Fonck et pour son petit parti a obtenu pas mal de compétences importantes ; Javaux a pu renforcer la touche verte et en faire un fer de lance important qui marque tout le programme. Il a aussi réalisé un équilibre entre les expérimentés et les petits jeunes. Tout le monde a gagné ! Voilà qui est bien du compromis à la belge et qui devrait être breveté. La démocratie est peut-être aussi cela. La loi du plus fort, du majoritaire qu’apportent les scrutins à deux tours ne me parait pas meilleure. Lorsque je regarde la France, peut-on dire que les français se trouvent bien représentés dans la droite majoritaire ?

Bonne chance à l’Olivier. Mais surtout restons vigilants et optons pour une démocratie qui ne doit pas se limiter à la représentation parlementaire. La nécessité de combats permanents de citoyens engagés pour qui notre société doit être solidaire, durable et humaine doit rester d’actualité… La politique est une chose trop sérieuse pour ne la laisser qu’aux mains de politiciens !

Commentaires

bonjour Mik un peu hors circuit pour le moment, trop d'appel du jardin...
bisous Mik et bon week-end

Écrit par : nays | 18/07/2009

Bonjour MiK.. J'aimerais te dire un merci tout particulier pour les gentils mots que tu m'as laissés
Je veux aussi te souhaiter une bonne journée remplie de joies et de douceurs…
Bisous et à bientôt

Écrit par : Chadou | 21/07/2009

Bonsoir Pour la politique, mon père y a laisser sa vie, alors maintnant après avoir vu tous ces faux culs , après avoir entendu des palabres inutiles, mais surtout après avoir vu toutes les magouilles, je suis devenue apolitique, car pour moi, celui qui parvient là haut, il na vaut pas la corde pour le pendre quelque soit son parti.
Je te souhaite une bonne soirée et d'ors et déjà un agréable weekend. Bisous A bientôt
http://avec-les-yeux.over-blog.fr

Écrit par : SOLEDAD | 24/07/2009

Bonjour MiK... Nous sommes rentrés hier soir tout crevés, c'est dure les 24h...on ne récupère plus de la même façon maintenant ! On a enfin eu une journée ensoleillée ce n'était pas volé...mais ce matin, il est toujours là pourvu que ça dur mais pas trop chaud quand même mon dieu, que l'on est difficile !
C'est magnifique Phil est content c'est la corvette qui a gagné !
Gros bisous, je te souhaite une bonne semaine

Écrit par : Chadou | 27/07/2009

hééé en vacances :-))) si oui profite !
bisou

Écrit par : jojo | 27/07/2009

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