01/07/2009

La bêtise du " moi je"

moije_03

Ah, les « moi je », qu’est-ce qu’ils m’énervent souvent ! Je ne m’exclus pourtant pas d’eux. Ce qui au fond m’énerve le plus est le dorlotage de notre petit moi par la relation aux autres petits moi. Que dire alors du sentiment du moi dans ses manifestations ? « Moi, je pense que… » « Moi, je crois que on devrait… » «  Moi, j’ai acheté cela… ». Bah, nous le faisons tous et rien de mal à cela, sinon quand lorsque cela devient une manie de se mettre en avant ou une obsession des personnes de ne parler que d’elles-mêmes. Se mettre au centre du monde comme une araignée au centre de sa toile lasse vite l’interlocuteur qui se sent pris au piège du moi surdimensionné.

Pas simple évidemment de gérer notre moi ; d’autant plus compliqué lorsqu’il  se perçoit uniquement comme attaché aux êtres et objets qu’il aime. Le moi c’est aussi ma maison, ma voiture, autant que mes souvenirs, mes opinions, mes convictions, mes désirs, mes regrets, et plus encore sans doute ma femme, mes enfants, mes amis. Si jamais je perds une de ces choses ou une de ces personnes que je sens reliée à mon moi, voilà que je me sens mal, que je souffre. Plus les fils de t’attachement sont forts, plus la souffrance est grande. Je sens, comme on dit, une partie de moi-même que l’on me vole. Attention donc de trop miser sur l’attachement car si il relie, il enserre aussi et peut ligoter jusqu’à étouffement. Si le moi n’est qu’acquisition de l’ordre de l’avoir, de savoir, de l’affection, du pouvoir ou en un mot la recherche de la reconnaissance à des autres moi, il risque de vite se sentir mal et malade !

 Mais qu’est-ce que l’amour propre, sinon une image valorisante que le moi se donne de lui-même et qui désire reconnu dans celle-ci. Son souci principal n’est pas d’être mais de paraître ce qu’il voudrait être. Voilà sans doute la source de la susceptibilité que nous remarquons souvent en nous et autour de nous. Si nous abandonnions cette image du moi, nous n’aurions pas ce que l’on nomme couramment d’amour propre ! Nous serions alors bien plus ouverts à nous et aux autres ! Pour cela, faudrait-il que notre ego perde sa manie de tout ramener à lui-même.

On entre dans une confusion totale.  La relation devient alors très incommode.    

Quand on a besoin de dire « moi je pense que... », c’est que l’on a immédiatement conscience qu’un autre pourrait penser autre chose, que cette petite personne qu'est le moi est bien limitée. Le sentiment du moi chez l’adulte ne doit-il pas être souple et laisser place à autrui pour ouvrir une conscience plus large et plus profonde ?

Le moi ne cesse jamais de se construire, le réduire à son passé n’est pas correcte. Le moi change et se transforme. Ce qui reste constant dans le changement, nous pensons  à tort que c’est le "moi", une seule et même personne née à tel moment et qui a vécu tant d’années, qui a connu telle ou telle expérience, qui porte avec elle tel ou tel souvenir. Fonder notre identité sur la mémoire n’est pas un appui très sûr. L’ego ne forge à ce titre qu’une connaissance de lui-même très limitée qui est la connaissance empirique. En me définissant, je me pense sous une forme particulière et suis alors à même de revendiquer une certaine identité. Mais suis-je une définition?

Voilà la bêtise du moi je, c’est de se définir et de se croire complètement différent des autres moi !

N.B. J’ai parlé ici du moi je, mais il aurait mieux valu parler du je et du moi séparément. Bien des philosophes les ont mieux distingué que moi ! Nous les confondons encore trop. J’en reparlerais peut-être une autre fois. Très brièvement le « je suis » n’est considéré que comme une pure pulsation de la conscience en tant que je alors que le moi est bien plus empirique, cad plus basé sur l’expérience.

Et Bonnes vacances à toutes et tous. Le soleil est déjà la partie!!! C'est peut-être aussi le temps de lire plus. C'est pour cela que mon post est plus long!!! LOL.

Commentaires

je m'aime moi aussi ....!! du narcissisme ou de l'étalage de ce qu'on peut faire ???
Connais-tu la méthode Gordon ... ou as-tu déjà lu le livre de Thomas Harris .. "d'accord avec soi et les autres .." La culture du "moi je .." avec ces nuances et ses interprètations ...
J'aime aussi les citaions que tu a placé dans ton blog.
Amitiés mon cher ami ...
Que j'aimerais te rencontrer un jour pour ainsi parler de tes sujets favoris qui sont aussi souvent les miens.
Bonne journée

Écrit par : aramis-echotier | 02/07/2009

Moi je voudrais t'emmener en voyage !

;-)
bonne soirée Mik

Écrit par : une terrienne | 03/07/2009

j'ai aimé et ma conclusion est plus courte
les MOI JE M'enm....
Bravo pour ton texte hihihihi c'est super !!!!!
a++ mon brave

Écrit par : pascal | 03/07/2009

bonsoir Mik bravo de mettre un peu les pendules à l'heure..de ne pas se laisser aller
bisous et excellent week-end

Écrit par : nays | 04/07/2009

Bonjour. Ou bien j'ai l'esprit encore dans les bras de Morphée, ou bien il est un peu long pour moi ce post.
Pourtant il mérite le temps de s'y attarder.
Beaucoups (trop) de choses à dire à propos de cela et beaucoups trops de personnes ont une interprétation différente du "moi je".
Chacun de nous d'ailleurs à sa propre "perception".
Bon dimanche également, amicalement.

Écrit par : Electron libre | 05/07/2009

Bonsoir Mik Et bien oui, l'égo centrisme est très populaire de nos jours... Et quelque part difficile de parler pour certain d'autre chose que de soi, car après tout c'est un sujet facile qu'on connait bien, ou qu'on croit connaître... Parce que lorsqu'on pare de soi, ce n'est pas toujours juste, car n se voit on secroit toujours plus parfait que les autres. Pourtant, nous sommes tous égaux pas un plus haut que l'autre...
Bonne fin de dimanche. Et surtout bonne semaine. Bisous

Écrit par : SOLEDAD | 05/07/2009

Salut Mik Moi je.....me rappelle du moi et du surmoi au cours de psycho...loll. Bonne semaine sous le soleil j'espère. Amitié

Écrit par : Jicé | 05/07/2009

Les commentaires sont fermés.