21/06/2009

La bêtise du jugement.

coeurNotre société a sans doute besoin de condamner et les lois n’ont de valeur que dans la mesure où elles entrainent des sanctions applicables et appliquées. Il en va un peu des tribunaux  comme des confessionnaux de jadis. Il y a les péchés véniels qui vont vers des tribunaux de police ou correctionnels et les mortels qui vont vers les assises ! Mais ce qui est indispensable au bon fonctionnement d’une société, ne l’est pas toujours au niveau individuel.

Remettre debout l’ami qui a fauté, se reconnaître soi-même bien imparfait vaut sans doute mieux que tous nos jugements. Pardonner est un acte exclusivement humain, les animaux en sont bien incapables. La réconciliation avec soi-même et les autres n’est jamais possible sans pardon. C’est cette réconciliation qui permet aussi à chacun d’exercer sa liberté. Pardonner est indispensable pour non seulement redonner un avenir à l’autre mais aussi à soi.

Toute la vie est une succession de relations, des plus intimes aux plus anonymes. Si les règles de société sont indispensables pour produire une forme d’harmonie, nos actes doivent avant tout rester libres. La vision du bien et du mal a bien évolué au cours des siècles. La morale n’est jamais que le reflet d’une culture en mouvance constante. Le monokini et le string sur plage ne sont plus considérés chez nous comme un attentat à la pudeur !! A bien y regarder parfois, nous sommes étonnés, car comme disait je ne sais plus qui : « Tuez un homme, vous êtes un assassin ; tuez des milliers d'hommes, vous êtes un héros ». Ceci pour comprendre que nos jugements sont bien souvent faussés et que la distinction entre bien et mal n’est pas aussi simple qu’en apparence. La meilleure morale restant probablement celle qui veut que tu ne fasses pas à l’autre ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse.

En regardant l’autre soir une émission sur l’épuration des collaborateurs de la dernière guerre, je me disais combien l’injustice côtoyait la justice. Toute la série de condamnations, de la populaire à la plus organisée, devait bien aboutir à une réconciliation indispensable. Sans le pardon, il n’est point d’harmonie possible. Sans lui, l’Etat, comme l’individu, ne peut subsister.

Le pardon et la réconciliation nécessitent, sans doute dans beaucoup de cas, un cheminement en plusieurs étapes. Il faut alors respecter les délais nécessaires pour que mûrisse la décision personnelle. L’exemple de ce temps nécessaire était dans la liturgie catholique celui de l’Avent et du Carême qui conduisaient à la démarche sacramentelle du pardon.


L’absence de pardon ne peut nous conduire, surtout envers nos relations privilégiées, qu’à une espèce de destruction personnelle. J’avoue donc parfois pardonner par pur égoïsme ! Simplement pour me sentir mieux. Et de toute façon l’obsession de haine ou de vengeance ne peut mener à rien de bon. Et puis, personnellement, je me dis avoir beaucoup aimé dans ma vie, souvent très mal mais toujours avec une bonne intention, alors j’ose espérer l’application évangélique accordé à Marie-Madeleine : « "Il lui sera beaucoup pardonné parce qu'elle a beaucoup aimé. »

La bêtise du jugement est ne pas lui accoler le pardon.

 

Commentaires

Bonjour Mik... Ce matin c’est pour moi, le plaisir de venir te dire bonjour…avec mon petit café, bien sur !
Ici le soleil pointe le bout de son nez mais il ne fait pas chaud quand même…nous sommes rentrés de Dijon vers minuit et demi crevés fatigués, mais content de notre séjour même si le beau temps nous a boudé, il ne faisait pas plus chaud qu'ici !
Je te souhaite une bonne journée
Gros bisous

Écrit par : Chadou | 22/06/2009

kikou Mik Celui qui ne peut pardonner aux autres se coupe des ponts qu'il devra traverser, car tout homme éprouve le besoin de se faire pardonner. (Thomas Fuller)
je te souhaite un bon mardi
gros bisous amitiés

Écrit par : Domi | 23/06/2009

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