06/01/2009

La bêtise de l'idéal.

Qui n’a pas d’idéal dans la vie ? Qui ne cherche à se réaliser à travers la famille, la profession, l’argent, la célébrité, le service à l’autre, l’amour, etc.

A y bien réfléchir, demandons-nous, comme je lisais chez cet écrivain philosophe Krisnamurti que j’adore : quand prenons- nous conscience de notre recherche d’idéal ?

La réponse me parait tellement vrai et juste : quand nous éprouvons un sentiment de solitude, de néant, d’impression de n’être rien, de vide, de manque de reconnaissance.

Ainsi, la soif de réalisation d’idéaux est une tentative d’échapper à ce que nous nommons la solitude.

C’est là que réside la bêtise.

Qu’on l’accepte ou pas, le moi est toujours seul. Oh, nous pouvons atténuer ce sentiment de solitude par la sensation d’atteindre un objectif, en éprouvant certaines sensations, mais le processus de l’insatisfaction et du vide se remettra vite en route.

Bien difficile de gommer la douleur que nous éprouvons en nous sentant seul. Que faire alors ?  En tout cas perdre l’illusion que nous pouvons y échapper.

Plutôt que de nous identifier à des modèles, à des identifications faire un face à face et nous mettre en communion avec notre solitude.

Oui, cette solitude est bien en moi et n’a pas d’échappatoire. Elle n’est cependant pas aussi dramatique que nous ne pensions en voulant y échapper. Ce qui est dramatique et nous fait souffrir n’est au fond que notre désir d’y échapper. La subtilité est d’une importance capitale entre le sentiment de solitude et l’état de solitude.  Vécue comme un sentiment notre solitude divise, jalouse, contrairement à l’état.

Si j’observe ma souffrance, je ne la guéris pas et elle ne connaîtra pas de fin.

Ne cherchons donc pas à en être l’observateur mais intégrons sa perception dans ce qu’elle a d’inéluctable pour nous en faire une amie.

Osons alors l’aborder sans préjugés, sans les barrières de conditionnements, sans condamnation ou répulsion, de la manière dont nous abordons quelqu’un pour être en communion avec lui, en l’aimant vraiment.

La bêtise est de situer la solitude en dehors de nous.  Notre relation avec elle est alors faussée.

Il en va de même avec nos idéaux. Nous entretenons avec eux une fausse relation. Nous les situons en dehors de nous. L’amour est en nous, comme la solitude. Et si l’amour nous fait souffrir, c’est que nous le situons en dehors de nous. Nous nous en faisons une idée toute teintée de conditionnements, d’identifications, de sensations. Cherchons le en nous et pas en dehors de nous.

Tout ceci peut paraître n’être que des mots ou du mental. Je ne le crois pas et vous souhaite, au-delàd’eux, d’en faire une véritable expérience pour vraiment comprendre que les idéaux, aussi nobles soient-ils, sont illusions, fuite de soi, fuite de solitude, tandis que l’acceptation de la solitude et l’esprit qui ne cherche rien, ne court pas à la reconnaissance, n’élude pas la souffrance trouve communion, amour, quiétude, plénitude et nous donne le bon amour de nous et des autres.

Commentaires

(°O°) J'ai bien du mal à te suivre sur ce raisonnement ce soir ! Je sais une grande différence entre solitude et isolement mais je ne vois pas le rapport entre idéaux et solitude.
Bise Mik

Écrit par : Jo | 06/01/2009

réponse à Jolily lol. le rapport me semble être que les idéaux trouvent leur origine dans notre mal de solitude, de vacuité. Nous pensons par nos idéaux et leurs réalisations combler le sentiment de vide, de reconnaissance, etc. Plus clair??? lol.

Écrit par : mik. | 07/01/2009

bonsoir Mik je dois pas encore être normale j'en ai pas moi d'idéal !!! ni de rêves non plus d'ailleurs...
oui un idéal mais bon à mon avis ça ne doit pas s'appeler comme ça un rêve oui que les hommes arrivent un jour à vivre harmonieusement..
bonn e soirée
bisous

Écrit par : nays | 07/01/2009

Bonjour, C'est vrai qu'on n'est jamais content de ce qu'on a... Un moment donné, il y a toujours un truc ou l'autre qu'on veut changer...
Je pense que c'est un peu la cause aussi à notre société de consommation, à la pub qui nous tente, parfois bien malgré nous...
Pourtant il y a je crois un moyen bien simple de ressentir l'idéal de sa vie, regarder en dessous de soi, autour de soi...
Et là, on a tôt fait de voir que tout compte fait, il y a des biens plus malheureux...
Il fait encore bien froid ce jour, moins qu'hier, mais plus humide...Le soleil est présent et la journée lumineuse. Je te souhaite une agréable fin de journée.Bizz.@+

Écrit par : SOLEDAD | 08/01/2009

c'est exactement çà! on recherche des buts pour se cacher qu'au fond on est seul et on le restera. l'accepter me parait trés difficile. je ne me fais pas d'illusions sur la capacité de bonté, de don à autrui, je crois que quand je me lance dans une action humanitaire ou culturelle, c'est surtout en la recherche de l'autre, pour au moins un temps éloigner ma peur d'être finalement seule. c'est ce que j'ai plusieurs fois tenté d'expliquer à des amis de combat, on le fait du fond du coeur, on donne jusqu'à avoir besoin, la journée finie, d'un débriefing. mais au fond on a fait tout çà essentiellement pour soi, ne pas se leurrer surtout! bien sûr dans l'action on agit pour l'autre mais au bout du compte on aboutit à remplir le vide de la solitude et de la crainte qu'elle nous inspire. et j'irai peut être plus loin et je pense qu'en celà les animaux nous rejoignent un peu: quand nous faisons un enfant, n'est ce pas avant tout pour avoir un alter-ego ou un prolongement de nous-mêmes inconsciemment? je ne sais pas, à l'occasion tu pourrais me dire ce que tu en penses. pour moi le désir de la reproduction est là: la recherche du complément qui nous permetra d'aller vers la fin de la vie en se sentant moins seul. et çà, c'est loin d'être gagné:)!

Écrit par : mimi | 08/01/2009

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