30/08/2008

La bêtise du nationalisme

Je suis belge. Comme ma famille, je n’ai pas choisi de l’être. Je ne me suis pas marié avec mon pays, je n’en ai pas fait le choix. Je suis né avec cette identité et une obligation de contrat. Je ne vais pas m’en plaindre. Mon pays est tout compte fait un pays de cocagne et je n’ai aucune véritable raison ou motivation d’en changer. Je ne suis évidemment pas indifférent aux lois qui régissent mon quotidien, c’est-à-dire à la politique qui ne cesse de s’occuper de moi en tenant compte d’une démocratie exprimée par élection. Ma volonté individuelle s’englue donc dans une volonté plus générale qui tente, souvent mal, de satisfaire l’ensemble de mes concitoyens.

Comme beaucoup, je fais partie de ceux qui tout en étant individualiste croient en la nécessité de l’organisation d’une vie sociale. De là à idolâtrer la nation au point d’affirmer la primauté de l’intérêt national sur l’individu est un pas que je ne franchis pas !

L’identité commune trouvée dans une nation est une bêtise et une illusion. Nous le voyons encore dans les différences qui nous distinguent avec les amis du nord !

Le brave Rousseau distinguait déjà le contrat social du pacte social, entendant ce dernier comme un accord de puissances entre elles. Nous voyons donc bien que la tendance actuelle de la Flandre est bien dans le registre du pacte. Elle veut au fond affirmer sa suprématie du nombre et du fric en rompant un contrat de mariage par lequel, wallons et flamands, les contractants d’hier, s’étaient engagés.

Voilà l’exemple typique qui montre combien le sentiment nationaliste n’est souvent destiné qu’à augmenter ou conforter un pouvoir. Ne nous y trompons pas, les Dedecker, De Wever et consorts, avec en tête Leterme, veulent simplement dans une logique de confrontation augmenter, conforter leur pouvoir, bien plus que de veiller aux bien-être des individus. Le confédéralisme est bien en fait un accord entre deux puissances. Nous y sommes en plein.

Leur tentative nationaliste flamande n’a d’autre but que de casser la solidarité en droit, base de la Belgique de papa, en un pacte de non agression entre deux « nations », celle du nord et du sud. Nous sommes loin du contrat de mariage, nous négocions celui du divorce, avec au nord l’envie de former une nation.

Oh, nous n’en sommes pas encore à un état de guerre armée, mais bien à une vaste manipulation qui tente de bien regrouper le peuple autour de ses dirigeants du nord, du sud et du centre. Le contrat qui voulait nous traiter en sujets s’éteint au profit d’un traité de puissances.

Toute exaltation m’a toujours paru bête et spécialement celle de l’idée nationale.  

La Belgique se meurt, mais pas le nationalisme. Mon pays qui s’était créé par une communauté capable de se doter, de « s’instituer » par des lois communes qui font que les sujets se lient par des obligations et devoirs s’effondre petit à petit. A la souveraineté de l’Etat belge succédera sans doute la souveraineté de la volonté particulière d’une Flandre en quête d’indépendance.

On a beau me dire que la représentation électorale flamande ne traduit pas majoritairement cette envie d’indépendance des citoyens du nord, je n’y crois pas trop.

Ne nous méprenons pas et ne glorifions pas trop le nationalisme nouveau européen, qui lui aussi n’a rien d’uniforme et est en général une simple transposition des idées nationales selon les pays. Lui aussi est à situer dans le registre d’un pacte de puissances, bien plus que dans un contrat profitant aux sujets.

Mais le nationalisme est une notion bien ambiguë qui demanderait évidemment un développement plus exhaustif que ce que je peux en dire ici.  Je ne crois évidemment pas qu’il fasse partie de la nature humaine. Aucune théorie ou analyse sérieuse ne parvient d’ailleurs  à cerner vraiment la question du nationalisme. L’ampleur du phénomène et de ses causes peut être éclairé mais pas saisi totalement.

Ce que je sais est que je ne veux pas faire allégeance à l’Etat au point de le reconnaître comme représentant de mon identité ! Il me semble plus intelligent de baser mon identité sur moi-même, en ne reniant pas pour autant en moi une dimension sociale. Réduire cette dimension collective à un Etat, à une religion ou à un fondement moral n’est pas une référence de liberté. 

Hélas, si nos sociétés se mondialisent, je crains que cette mondialisation renforce le sentiment nationaliste et serve en quelque sorte de contrepoids.

Ma communauté de référence voudrait être autre. Je la voudrais à la fois restreinte et universelle. Elle serait celle des gens que j’aime et celle de ceux qui tissent entre les êtres des liens de paix et de solidarité. Elle serait celle qui sait pardonner, être tolérante et refuser toute forme de violence.

 

27/08/2008

La bêtise de la froideur

Qu’est-ce que je n’entends pas chez des gens d’un certain âge : «  avec tout ce que j’ai vu, enduré, je me suis bien endurci…». Il y la comme une espèce de froideur du cœur qui s’est installée progressivement, avec comme conséquence un replis sur soi bien souvent triste ou, pire encore, aigri.

Si l’âge nous apprend certainement à prendre du recul, il serait bête que ce recul soit confondu avec la froideur ou l’indifférence.

Notre déception vient sans doute de celle que nous avons eue dans les autres, pensant qu’ils pourraient peut-être combler notre solitude fondamentale. Qu’on le veuille ou non, nous sommes tous solitaires à des degrés évidemment divers. Il serait bête de croire que cette distance, ce lien déçu avec d’autres nous empêche de vivre des relations riches et épanouissantes.

Plutôt que de nous plaindre de cette solitude, ne serait-il pas plus malin d’en profiter, non point par un repli sur soi, mais bien au contraire pour nous laisser toucher et toucher le cœur de l’autre ? Bien entendu, tout le monde n’est pas capable d’identifier correctement nos sentiments, nos aspirations, nos différences, mais osons-nous leur livrer sans trop chercher reconnaissance ceux-ci ? Pouvons-nous en juste retour leur porter autant d’intérêt que ce que voudrions qu’ils nous témoignent ? Transmettre un message compréhensible pour l’autre est bien complexe, d’autant que parfois je n’y vois pas clair moi-même.  Identifier notre vulnérabilité, nos susceptibilités, c’est déjà nous rendre plus forts et plus ouverts.

Il est souvent utile de faire le point. De chasser autant nos préjugés que nos désillusions, de laisser le temps au temps avec une faculté dès lors d’évolution. Faire le tri et jeter ce qui est nuisible à notre esprit ou à nos attitudes. En un mot : positiver !

Je suis toujours aussi étonné de voir qu’une majorité de gens (mais je me trompe peut-être) cherchent plus à exposer et à comprendre ce qui les fait souffrir plutôt que ce qui leur donnent du plaisir ! Un peu à l’image des journaux qui ne font de l’information qu’avec ce qui ne va pas… (un train qui arrive à l’heure n’est pas une information)

Les richesses que nous créons dans nos rencontres sont multiples et différentes. Inutile, je pense, de les mesurer en ordre de grandeur. Acceptons aussi que certaines soient passagères, comme d’autres plus durables.

Peut-être aussi nous fixons-nous trop de buts irréalisables, trop « idéaux », avec la déception semblable à celle de celui qui espère devenir riche par le lotto !

Chacun sait qu’il existera toujours une distance entre nos attentes et la réalité. Viser l’accessible, c’est déjà éviter pas mal de frustration, de déceptions.

Notre monde est souvent si bête quand il veut, à tout prix, la performance.

Je n’ai donc point l’esprit olympique !

La recherche d’une réussite à tout prix, l’empêche plus souvent qu’une acceptation de semer sans trop penser à la récolte. Nos intentions d’ailleurs ne sont pas toujours suivies de l’action adéquate pour y parvenir.

 

 

24/08/2008

La bêtise de la certitude

Il y a deux citations mises sur ce blog que j’adore, celle d’Aristote : « Le doute est le commencement de la sagesse » et celle de Krishnamurti : «  Ce que je vous demande, c'est d'ouvrir votre esprit, non de croire ».

La bêtise réside bien plus dans la certitude que dans l’interrogation. Le « point barre », expression moderne, ne laisse point place à l’interrogation, mais annule aussi l’exclamation. Or quoi de plus réjouissant que cette exclamation qui fait de nous des être encore étonnants et étonnés.

La croyance est souvent une fausse réponse à nos interrogations, à nos angoisses.

Je sais qu’il n’est sans doute pas facile de vivre sans s’accrocher à des certitudes, que les préjugés peuvent sans doute aider à nous rassurer. Mais, a bien y regarder, en sondant notre intimité intérieure, nous percevons que ce qui nous a été dicté, inspiré, imposé ne peut vraiment satisfaire notre moi profond toujours en recherche d’une réponse qui lui est personnelle. La demande d’ailleurs de conseil rejoint souvent une approbation que nous recherchons bien plus qu’une réponse autre de ce que nous pensons.

La bêtise vient souvent alors de ce que nous avons peur de nous tromper. Belle affaire ! Et alors… Les grandes questions existentielles n’ont jamais trouvé de fondement certain. Méfions-nous de la soi-disant évidence qui consiste en l’adhésion de l’une ou l’autre vérité dite bien connue.

Il n’y a, selon moi et d’autres d’ailleurs, aucune « essence » des choses, aucune loi «  naturelle » ou « morale ».

Ce qui «  saute aux yeux » n’est d’ailleurs pas uniforme et nous voyons combien le regard de l’autre peut être bien différent du mien.

N’excluons jamais donc le doute de nos certitudes. C’est là que se fonderait notre erreur fondamentale.

Il n’y a point de vérité laïque ou religieuse. Toute vérité qui ne vient pas de nous est en quelque sorte un mensonge. Il n’y a point de maître à penser, mais simplement des humains qui peuvent discuter, échanger, d’égal à égal.

Méfions-nous aussi de l’immédiateté, si fréquente de nos jours, dans une société de la satisfaction immédiate !

La certitude est en tout cas très souvent une contrainte qui nous empêche d’être libres.

En tout douter de tout me semble être la seule manière de ne point se tromper.

L’adhésion de l’intelligence à ce qui serait révélé par un « ailleurs » empêche la liberté de pensée. La raison réside aussi dans le doute bien plus que dans la certitude.

Nos seules certitudes sont simplement celles de la vie et celle de la mort. En dehors de cette évidence qui persiste de siècle en siècle, je n’en vois pas vraiment d’autres, sinon en morale l’interdit de l’inceste et de l’anthropophagie.

Mais attention le doute n’empêche pas de se forger des convictions, pourvu que celles-ci admettent celles des autres.

Le chemin de la paix passe par cette acceptation du doute, contrairement à celui de la guerre qui s’emprunte toujours par la certitude qu’un a raison, qu’un a la vérité par rapport à celle de l’autre.

Alors soyons porteurs de paix !

21/08/2008

La bêtise du pessimisme

Dans ma jeunesse, épris d’idéal, j’ai évidemment cru en un monde meilleur. J’avoue qu’aujourd’hui, les jeunes doivent sans doute se battre pour un monde moins pire !

Et pourtant, nous aurions tort de tomber dans un pessimisme et une espèce de nostalgie qui nous fait voir le passé comme meilleur. Nous avons toujours trop tendance à l’embellir.

L’espérance d’une révolution telle que Marx l’avait espérée est morte. Seule survivante du système, qui a montré aussi ses limites et ses aberrations, la Chine évoluera à son tour.

Les inégalités demeurent. Le capitalisme et les lois du marché, eux, sont plus que jamais vivants.

Notre humanité, devenue sans doute plus autonome, n’est plus prête à suivre des ténors et prophètes prêchant la révolte populaire pour une meilleure répartition de la richesse. Les humains sont entrés dans l’ère individualiste. Chacun tente de s’autogérer au mieux au détriment d’une solidarité qui peu à peu semble, elle aussi, mourir. Place à la compétitivité !

Rien que cela pourrait nous rendre pessimistes.

Mais à y bien regarder, tout le bouleversement qu’a engendré, entre autres, le fait technologique, ne place pas pour autant notre société contemporaine dans une logique et un mécanisme de recul du bien-être.

Nous sommes loin de nos ancêtres au labeur plus pénible encore que celui d’aujourd’hui, de la scolarité minimaliste de la classe populaire, de l’inconfort des conditions matérielles. Un grand nombre de « pauvres » d’aujourd’hui paraîtraient sans doute riches aux yeux de nos anciens. Nous n’avons jamais été aussi bien soignés et notre espérance de vie ne cesse de croître.

Nous nous sommes, contrairement à eux, habitués au changement. Celui-ci n’est pas nécessairement un mal. Il force notre savoir à devenir plus étendu et notre adaptabilité à relativiser des valeurs entendues jadis comme inébranlables.

Je me pose cependant la question, en observant mon entourage : cette société aux impératifs de rentabilité ne convient-elle pas davantage aux plus jeunes qu’aux gens « mûrs » ?

Je constate que la nouvelle culture capitaliste convient de moins en moins à ces derniers. Une fois des enfants faits, le crédit immobilier contracté et des obligations engagées à long terme, les couples (entendus dans la diversité de notre époque) s’angoissent de leur avenir. La course à la spécialisation pour échapper au chômage, la nécessaire actualisation des connaissances et compétences pour rester «  dans le coup » les angoissent (anxiété augmentée par le fait que les entreprises préfèrent souvent faire appel à de jeunes compétences que de former des moins jeunes qui vont leur coûter de plus en plus chers). Est-ce tenable psychologiquement, mais aussi sociologiquement ?  Heureusement que ce recyclage permanent ne touche pas encore toutes les entreprises !

Autre conséquence probablement de cette « valse » aux emplois, une loyauté moins grande des travailleurs envers des patrons de plus en plus « anonymes » et « lointains ». La loyauté et le travail bien fait n’écarte plus le spectre du chômage et celui de l’inutilité qu’il produit.

Voilà donc bien des facteurs, bien incomplets encore, qui pourraient nous rendre pessimistes pour nos enfants, petits enfants, mais aussi pour la société de demain dans laquelle ils évolueront.

Le capitalisme évoluera aussi, du moins je l’espère. Il a du se socialiser dans un régime industriel qui avait besoin des salariés pour assurer une croissance à long terme, ce qui ne semble plus le cas aujourd’hui au vu de la technologie et de la mondialisation..

Le monde meilleur que j’espérais n’est pas venu, sans nier l’apport positif qu’il a apporté et apportera encore en pas mal de domaines. Les générations actuelles et futures rectifieront certainement le tir et amoindriront, elles aussi, les maux d’un capitalisme qui n’a jamais été ni plus bête, ni plus intelligent que le communisme ou d’autres idéologies.

Le tout sera de ne point tomber dans la superficialité. Il n’y a pas de société qui n’ait connu de difficultés à mettre en place des instruments  indispensables de solidarité  qui soient autres que ceux de la charité et du bon cœur.

J’ose simplement espérer que les champions du libéralisme radical ne gagneront pas les olympiades économiques, sociales, culturelles de notre nouveau siècle.

17/08/2008

La bêtise technocratique

Quel chemin parcouru tout au long de notre histoire… Les idées, pas toujours bêtes, ont évolué, progressé. Trop souvent héritières des philosophies et religions anciennes, tout autant que des pratiques individuelles et sociales, les différents essais de conceptualisation du monde et de ses composantes ont tenté bon gré mal gré de convaincre le peuple du bien fondé de leur vision. Les théories émanant de cercles dits «  supérieurs » ont évidemment influencé la pensée mais aussi la vie concrète de nos sociétés.

Les  intellectuels les doctrinaires, les philosophes, les dirigeants politiques, parfois même les littérateurs ont été de leur influence, voire de leur pouvoir pour imposer des « doctrines » ou plus subtilement parfois des climats idéologiques influents.

Heureusement, nous avons la chance de vivre aujourd’hui plus que jamais, du moins dans la plupart de nos pays occidentaux, dans des systèmes pluralistes ou aucune vérité, politique, philosophique ,religieuse, morale, sociale, culturele, économique, n’est proclamée unique. Nous acceptons, en principe, que la vérité ne peut se trouver que dans un affrontement permanent de pluralisme. Voilà qui me parait intelligent.

Mais, attention à cette apparente pluralité, à cette apparente démocratie.

Si les différentes idéologies monolithiques ont bien disparu, une autre, plus discrète sans doute mais très efficace, s’est affirmée : l’idéologie technocratique.

Ce type de pensée voudrait ne laisser qu’aux technocrates la gestion non seulement des entreprises, mais aussi de l’Etat.

Née ou du moins amplifiée par des économies de consommation, l’ère des managers en tout genre, des grands « organisateurs », des grands « experts »  ne cesse de se développer.

Avec ces nouveaux maîtres, plus question de pensée philosophique, seul importe un soi-disant réalisme qui veut que l’économie prime sur tout. Toutes controverses  ne sont que blabla. Seuls les technocrates (qu’ils soient d’ailleurs du côté syndical ou patronal) posséderaient  les pensées qui seraient bien, parce qu’elles sont expertes !

Face à cette montée d’expertise, nos systèmes politiques semblent très marginalisés. Le parlementarisme n’est souvent que la risée ou l’esclave principalement de l’économisme.

Encore heureux que les idées technocratiques  ne sont point uniques, bien que procédant d’une espèce de même idéologie. Les penseurs économiques se divisent et s’opposent, divisions d’ailleurs relayées par différents courants politiques.

Je ne nie certainement pas l’intelligence des managers (trop bien payée d’ailleurs), mais je trouve bête de croire au mieux-être que ceux-ci peuvent apporter aux citoyens vus comme de simples agents de production ou de consommation, pire encore des simples pions dont a que foutre dès qu’ailleurs il y a des pauvres cons qu’on peut mieux exploiter.

Il me semble en tout cas indispensable, de ne point tomber dans un chauvinisme technocratique, au risque de tomber dans un flou semblable à nos politiques absorbées par des courants très accrochés à des lois libérales qui se prétendent sociales.

Sans tomber dans des extrémismes simplificateurs, méfions-nous de la bêtise de la nouvelle idéologie technocratique et n’acceptons pas comme fait accompli un progrès lié exclusivement à des espèces de lois économiques incontournables.

Pour se faire l’Europe des travailleurs a toujours bien trop de retard à celle des technocrates et de politiciens qui leur sont inféodés.

15/08/2008

La bêtise de l'Assomption

Sans condamner ceux qui y croient, il faut avouer qu’il faut une fameuse dose de foi pour adhérer à ce dogme du pape Pie XII qui en 1950 déclarait comme vérité et dogme la montée de la vierge Marie au ciel ! Ainsi s’ajoutait à la déjà très hypothétique virginité de la mère de Jésus, son assomption ( montée au ciel)…

Et oui, nous sommes le 15 août et la fête des Marie est sans doute bien loin de l’énoncé de ce dogme. Il est pourtant simple de voir dans la Bible que la naissance d’un personnage important reste toujours mystérieuse. Ce mystère, cette situation exceptionnelle n’était, selon moi, qu’un symbole signifiant la venue de prophètes important, sans pour autant prendre cette façon de narrer comme un fait matériel fait, ainsi que ,j’ose le mot, fait « bêtement » l’Eglise catholique.

Qu’est-ce que l’Eglise nous a fait et continue à nous faire « gober » !

Je veux bien que la foi ne soit pas qu’une affaire de raison, mais il y a un minimum !!

Moi qui suis liégeois, je ne puis m’empêcher évidemment de n’y voir là qu’un folklore propice aux festivités populaires de la république libre d’Outre-meuse de ma ville qui n’a rien de  la « mariolâtrie » de Lourdes.

Si notre société adore encore le spectaculaire, je doute que la croyance au mysticisme religieux puisse encore faire (et heureusement) recette.

Nous connaissons le livre à grand succès « Da Vinci Code » qui a le mérite d’exposer les ambiguïtés du culte de Marie.

L’Eglise a souvent eu l’art de construire des vérités dogmatiques répondant probablement à des aspirations sociales et culturelles d’époques diverses. Elle s’est évidemment gourée .

La virginité et la chasteté n’est plus le modèle qu’elles ont pu être !

La place de la sexualité et de la femme aujourd’hui n’a plus rien de commun avec d’hier.

Mais attention, n’oublions pas que il n’y a pas que dans la religion catholique que la femme est dans les faits absente des lieux de décision, étonnant d’ailleurs alors qu’elle fait du culte mariale une priorité. Il en va de même pour les femmes musulmanes.

N’oublions que le Panzer Ratzinger, dit Benoît XVI, a dénommé la pilule abortive de « perversion de la médecine » ! C’est le même qui mène encore croisade contre le féminisme radical qu’il accuse de saper les valeurs familiales.

Etonnant encore que ce 15 août soit jour férié et de voir notre calendrier toujours calqué sur les fêtes religieuses. Et cela, depuis que Napoléon Bonaparte, en 1802, l’a décidé. Avec Noël, l’Ascension, et la Toussaint, l’Assomption est la quatrième fête religieuse pendant laquelle on ne travaille pas.

Cela ne me gène pas personnellement (un jour de congé est toujours bon à prendre), mais il est anachronique de voir cela dans des Etats dits laïcs.

Qu’à cela ne tienne, je tiens à souhaiter un bon congé à tous et souhaite une bonne fête à toutes Marie, Myriam, etc. qu’elles soient d’ailleurs vierges ou pas !!!.

12/08/2008

Petite mise au point!

Mes élucubrations pourraient donner une impression qu’à force de tout mettre en question, je n’aurais aucune valeur et adhérerais à une espèce de nihilisme, c'est-à-dire à un état d’incroyance généralisée qui conduirait à l’inaction.

Loin de moi cette tentation. La pensée ou la réflexion ne construit pas toute une vie. Elle ruse d’ailleurs souvent, tandis que la passion, par exemple, se charge, elle, de concrétiser, d’agir, sans trop se préoccuper de ce que lui dicte la raison.

Mon but est simplement d’alimenter une libre recherche qui se fonde bien plus sur le dialogue et la critique que sur des a priori ou préjugés.

Je ne crois pas à un sens général de la vie, mais crois qu’il appartient à chacun de lui en donner un. Nous avons certainement tous la capacité de nous arracher à une espèce de médiocrité quotidienne de vie, sans devoir pour se faire nous référer à un Dieu ou des dieux, à des transcendances ou idéaux absolus.

Il est de même pour la morale. La référence ou le respect de toutes les lois ne fait de moi un être moral. Par contre, confronté à moi-même, il m’appartient d’estimer ce qui pour moi est éthique ou pas dans le respect de l'éthique de l’autre. C’est certainement notre incapacité d’arriver à cette autonomie morale qui justifie l’établissement de balises qui édictées en lois apportent un ordre peut-être, mais jamais une véritable morale.

Toutes valeurs établies (humaines ou divines) n’ont de sens que lorsque j’y adhère en connaissance de cause, en refusant tout obscurantisme.   

Si j’aime briser des images qui semblaient traduire la vérité, c’est que je crois en la capacité que nous avons tous d’en recréer d’autres façonnées par nos propres pinceaux.

L’incertitude de tout n’est pas synonyme de fatalisme, de froideur, de cynisme. Bien au contraire, elle doit être source de dynamisme et d’action.

Il en est de même de la tolérance qui n’a rien du laxisme mais bien de la reconnaissance de la différence.

Découvrir la bêtise ou ce qui semble l’être, c’est oser entrer dans l’être dans sa dimension personnelle, sociale, historique, culturelle pour, sans trop la chercher, trouver la métamorphose de notre complexité intérieure.

S’ancrer dans notre port d’attache est une condamnation au non-voyage. C’est ce condamner à un conservatisme et refuser tout progrès. Ainsi en est-il aussi de celui qui sait où il va. Il ne va jamais bien loin.

La philosophie reste un défi, un voyage extraordinaire. Loin d’une science exacte, elle est surtout une manière de vivre l’aventure humaine en empruntant des chemins, des bosquets et forêts, plutôt que des autoroutes où d’ailleurs on ne découvre pas grand-chose.

08:45 Écrit par mik dans Introduction | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

10/08/2008

La bêtise du matérialisme

La spiritualité d’antan a fait place au paradis terrestre promis par la possession possible de plus grand nombre d’objets. Maître consommation a délogé Maître Dieu et ses promesses de recevoir la richesse du bien vivre dans l’après vie !

Sans nier le progrès du confort actuel, d’une alphabétisation plus grande, d’une espérance de vie plus longue et de la multiplication de gadgets amusants, des moyens de communication qui font du monde un village, il faut bien constater que nous n’avons pas été très créatifs pour apporter aux humains un bonheur garanti ici-bas.

Politique de droite, de gauche, du centre ou écologique n’ont pu créer un espace de solidarité où chaque individu pourrait avoir les conditions pour vivre épanoui et heureux.

Liberté, égalité et fraternité ne sont restés que des slogans aussi hypocrites que la colombe de paix s’illuminant aux jeux olympiques de Pékin.

Pas plus que les religions, le matérialisme n’a apporté autre chose qu’une vague espérance de mieux vivre bien illusoire. La machine, maintenant l’informatique, n’ont pu se mettre au service de l’homme, mais au contraire ont développé une nouvelle sorte d’esclavage. La course au superflu n’a plus trouvé d’arrivée et engendre inégalité, jalousie, appâts en tout genre. La culture de l’image, des images a ramolli bien des cerveaux.

Bêtise que notre matérialisme, autant que la bêtise passée qui attendait de l’ailleurs un salut.

La croyance du terrestre n’a rien de plus intelligent au fond que la croyance du céleste. Il n’y a, je crois, ni ange, ni bête humaine non plus. Il y a notre monde, façonné au fil du temps et toujours évolutif. Notre évolution est pratiquement immaîtrisable et n’est-il pas triste de constater qu’elle n’a pu encore offrir à l’ensemble de la planète une paix, une répartition équitable des biens, y compris élémentaires.

Si il y a eu évolution de mentalité avec moins de naïveté qu’autrefois et plus de liberté, il demeure un fossé immense séparant des cultures qui s’affrontent plutôt que de s’interroger et de se complémentariser, mieux encore de s’entraider.

Si le paradis perdu est illusion, la rédemption l’a été aussi. En tout cas, la rédemption matérialiste l’est. La spiritualité religieuse comme laïque, non celle de l’âme ou d’un esprit transcendant, n’a jamais pu générer et généraliser des valeurs qui puissent convaincre les humains à se solidariser pour créer et mettre à disposition de chacun la sécurité d’une vie sans menace de faim, de logement, de paix, etc.

Ce défi, bien plus grand que celui de marcher sur la lune ou de découvrir d’autres planètes, est resté lettre morte. L’utopie a pourtant créé des réalités, mais celle de vouloir établir équité et mieux-être sur terre n’a fait que balbutier.

Le matérialisme a raté l’amélioration de la matière humaine. Il a façonné l’enveloppe, créé des besoins sans jamais atteindre en profondeur ce qui ferait personnellement et collectivement une race humaine capable d’harmonie.

La faute à qui ? Probablement à chacun et à tous. La faute de ne pas trouver le génie nécessaire dans la création de mécanismes de progrès mondiaux qui soient autres que communications, consommations et pognon ; des mécanismes bien terriens, bien pensés, bien « spiritualisés » qui puissent offrir non de l’espérance mais un vécu à l’abri de la pauvreté en tout genre.

Bêtise donc que le matérialisme, qu’il soit libéral, socialiste, communiste, écologique.

Bêtise aussi grande serait de retourner aux croyances religieuses de jadis ou d’aujourd’hui.

Bêtise aussi grande de retourner vers des sociétés primitives avec comme seul besoin l’alimentaire et le toit.

Non, l’intelligence serait de convaincre de la connerie de la guerre et simplement de consacrer le budget qu’elle demande en budget de développement. Ce serait déjà un fameux grand pas, à faire suivre d’autres…

07/08/2008

La bêtise de la mode

Coco Chanel disait que la mode est ce qui ne se démode pas. Elle avait bien raison. Sous l’apparence non conformiste quoi de plus conformiste que la mode. La pensée «  mode », comme l’habillement répond à un besoin qui n’a rien d’original. N’est-ce pas simplement répondre à ce que la consommation veut faire de nous : des modèles conformes à ce qu’elle produit ?  Sans devoir évidemment s’habiller comme au Moyen-âge, est-il vraiment utile et réfléchi de devoir porter des grandes marques pour, comme beaucoup le croit, faire partie d’une soi-disant élite qui porte d’ailleurs des vêtements bien autres que les griffes qui par les célébrités atteignent des couches plus populaires ?

Bêtise de plus que de s’identifier à des grands en portant le petit sigle qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres ! Petite nuance cependant, j’avoue que la qualité d’une marque est souvent supérieure à une qualité courante. D’accord donc et intelligent sans doute de choisir des fringues qui ne s’étirent pas, dont la coupe est confortable, solide et jolie, mais de là à ressembler à un panneau publicitaire, il a y de la marge !! Je crains que les logos attirent bien plus que la qualité…

Le proverbe qui veut que l’habit ne fait pas le moine semble bien mis en question. Le «  dis-moi comment tu t’habilles et je te dirais qui tu es » semble en effet plus exact de nos jours.

S’il est sans doute vrai que la première impression que nous avons des gens est visuelle, elle ne résume pas non plus au seul style vestimentaire.

J’avoue que moi-même à voir l’ostentation de certains jeunes arborant les D&G, C.Klein, etc., me fait sourire. Je devine chez eux une affirmation bourgeoise que par ailleurs ils rejettent. Le «  c’est classe » n’a en tout cas rien d’original et se conforme à un paraître superficiel, voire ridicule. En plus comme disait si justement Brel : «  faut pas jouer le riche quand on a pas le sous », car chacun devine aisément la privation d’un essentiel pour le «  classe », dont au fond pas mal de monde se fout ! Que d’argent dépensé pour s’habiller en marque alors même que ces marques deviennent  presque des uniformes au vu du nombre important de personnes qui les portent.

La « classe » réside dans la simplicité et le naturel et le paraître ne fera jamais l’être.

Je n’ai parlé ici que de mode vestimentaire, mais la bêtise de la mode est bien plus large, elle s’infiltre y compris dans le langage où les «  ça déchire », les déclinaisons de «  kiffe » « cool » etc. semble bien s’imposer comme source de communication très réduite, oubliant l’élégance classe, elle, de bien s’exprimer au moyen d’une utilisation la plus large possible du vocabulaire de notre belle langue.

La marque devenue vecteur de valeur n’est pas un phénomène nouveau, mais il me semble s’accroître, signe peut-être que la bêtise, elle aussi, s’accroît.

 

05/08/2008

La bêtise du dualisme

Avez-vous déjà remarqué notre habitude de parler souvent en deux termes ; d’opposer le blanc au noir, l’hiver à l’été, le corps à l’âme, l’amour à la haine, etc., etc. ? Le dualisme est ominiprésent encore de nos jours.

Et pourtant à bien y regarder, nous voyons bien que la réalité est tout autre. Notre vision sur les humains, sur notre environnement, nous offre un terrain privilégié pour démentir une vue dualiste qui a d’ailleurs engendré les pires choses.

Entre la pensée et la parole, l’émotion et la raison, n’y a-t-il pas l’action ?

Les pensées érudites saucissonnent bien trop la vitalité humaine. Exemple à ne pas suivre !

Je ne nie point l’utilité de distinguer certaines choses, certains concepts, certains comportements pour mieux comprendre, mais à condition de ne point perdre la référence à l’ensemble. Les sciences n’ont-elle pas tort de trop déterminer ce que la vie pratique confond en permanence ?

Nous ne fonctionnions pas en mal ou en bien, en raisonnable ou irraisonnable. Notre corps n’est pas séparé de notre esprit. Notre âme se trouve aussi bien dans nos doigts de pieds ou nos mains que dans un « ailleurs » de nous, comme certains le prétendaient autrefois !

Ame, au sens étymologique du terme, veut d’ailleurs  dire souffle, respiration. Mon âme s’élevait vers le Seigneur quand je chantais, et pour cause puisque le chant réclame souffle. L’âme qui quittait le corps signifiait donc que la personne ne respirait plus…Voilà qui n’a rien de transcendant ! Mais qu’il est beau alors et transcendant de dire à quelqu’un que nous aimons qu’il est notre âme ; qu’il est celui par qui je respire ; celui dont je sens mon souffle s’accélérer dès que je pense à lui…

Point n’est besoin d’être philosophe ou théologien, ou savant pour ressentir combien nos zones intérieurs sont complexes et ne se résument pas dans ce foutu dualisme simplificateur, voire simpliste.  

Nous sommes un emmêlement de pensées, d’émotions, d’actions dans la matière de notre être. Nous décoder en nous dessoudant, en tentant de séparer des éléments de l’œuvre entière que chacun est, relève de la trahison.

Nous sommes des grouillements, plus ou moins harmonieux, de notes multiples.

Les instruments, outils que nous offrent les sciences de la psy, de la neurologie, des progrès de la connaissance me subjuguent, mais jamais au point de croire découvrir dans cette dissection l’ampleur du champ humain dans son actualité ou dans son histoire.

Voilà pourquoi, je veux être simple promeneur, voyeur, pour approcher certains secrets qui toujours pourtant le resteront. Je me refuse à suivre les grands-routes, préférant repérer les branchages qui cachent des trésors autres que l’asphalte!

Au dualisme du bien et du mal,de la nuit et de la lumière, je préfère la clairière des moments heureux où je respire l’autre et lui offre mon souffle.

Au tourisme des palmiers ensoleillés et piscines chaudes, je préfère la découverte des promenades intimes le long des sentiers de crépuscule où se mêlent ombres et lumières.

La bêtise est souvent d’opposer l’ici et l’ailleurs et surtout de croire que l’ailleurs est meilleur.

Sans nier l’importance de la projection qui fait aussi partie de nous, je préfère projeter mon bonheur dans la quotidienneté de mon action, de ma pensée, de mon expression.

En ce temps de vacances, je comprends la nécessité qu’ont  beaucoup d’aller s étendre au soleil et de faire bronzette. Mais au retour, le brun de la peau ne pourra en tout cas pas dissimuler des intériorités moins ensoleillées.

Qu’importe si nous acceptons cependant que la vie est tissée de mille couleurs.

02/08/2008

La bêtise de l'intelligence.

L’ignorance, c’est le bonheur, prétendent certains. Je me demande si ils n’ont pas raison.

La foi du charbonnier ne se préoccupait pas de questions théologiques ou philosophiques. La brave homme adhérait à quelque chose qui lui paraissait intelligent et crédible parce que enseigner par plus intelligent que lui.

Le fan de foot croit à son équipe parce les joueurs ont meilleure vision du terrain et meilleures jambes que lui.

Le naïf travaille pour avoir de l’argent et l’intelligent, tout en s’emmerdant et se stressant, fait travailler l’argent pour lui

Les exemples seraient nombreux. Tout compte fait, le débile a peut-être plus de bonheur en réussissant ce qui nous parait enfantin que le pauvre étudiant universitaire qui sèche ses cours pour avoir des connaissances «  adultes »…

La bêtise de croire et de penser dans le prêt à porter fabriqué par ceux qui s’évertuent à faire fortune sur la connerie humaine n’est pas nécessairement plus malheureuse que l’intelligence trop souvent manipulatrice.

L’intelligence se gagne par un labeur qui ne vaut peut-être pas par son fini la valeur de la bêtise infinie…

Avoir une réponse toute faite sur nos interrogations peut satisfaire et même combler le plus grand nombre d’entre nous. Croire sans comprendre n’offre t-il pas plus de quiétude que de chercher sans jamais trouver ?

L’histoire de notre humanité s’est construite dans une lutte où l’imposition d’une vérité par rapport à une soi-disant autre, a créé les guerres et les conquêtes. Et cela continue.

Au nom des dieux, de Jésus ou d’Allah, au nom de l’humanisme douteux de la colonisation, et maintenant de la défense des droits de l’homme, l’histoire des peuples a vacillé et basculé dans des cultures à dominances toujours économiques. Car ne nous leurrons pas, le dieu argent n’a jamais disparu et le veau d’or, fabriqué lors de l’absence de Moïse au Sinaï, est toujours présent dans tous les peuples.

Rêver d’un monde équitable relève autant de la bêtise que de l’intelligence.

Mais l’intelligence de certains a sans doute fait plus de dégâts que la bêtise de moutons de panurge se sacrifiant au nom d’idéaux et de drapeaux.

Un dicton populaire enseigne aussi que l’amour rend bête. Bêtise bien agréable et heureuse que celle là.

L’intelligence étant aussi minoritaire ne réduit-elle pas le champ relationnel et ne condamne t’elle pas alors le « gros cerveau » à la solitude ?

Remarquons que la bêtise est très souvent bavarde, alors que l’intelligence est bien plus silencieuse. C’est que les lieux communs, les formules toutes faites, les attitudes creuses sont illimitées tandis que l’intelligence se circonscrit dans un espace réduit.

Alors morale de ma petite élucubration : choix de la bêtise plutôt que choix de l’intelligence ?

Je ne serais le porte drapeau d’aucune.

A chacun sa bêtise ou son intelligence. Le tout est sans doute de ne prendre aucune au sérieux et de rester lucide sur les avantages et inconvénients de chacune.